Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

A première vue : la rentrée Rivages 2016

Avant l’impressionnante découverte Jérémy Fel l’année dernière, les éditions Rivages avaient frappé fort dans le « grand jeu » de la rentrée littéraire en 2014 avec Faillir être flingué, superbe western de Céline Minard qui avait conquis critiques et lecteurs. La romancière est de retour cette année en tête d’affiche d’une rentrée totalement féminine, aussi bien dans le domaine français que dans le domaine étranger.

Minard - Le Grand JeuWESTERN VERTICAL : Le Grand Jeu, de Céline Minard (lu)
Comme à son habitude, Céline Minard change de registre pour ce nouveau livre. Oubliés les grands espaces, les chariots, les Indiens et les duels au revolver, place à la minéralité de la montagne et à une recherche d’ascèse physique, mentale et morale. La narratrice du roman achète une parcelle de montagne que personne ne fréquente et y fait installer un refuge au confort spartiate et au design étudié pour faire corps avec la nature environnante. Elle marche, grimpe, cultive un potager, jouit de sa solitude et poursuit une réflexion sur une question qui l’obsède : comment vivre ? Mais son retrait du monde est bientôt perturbé par la présence d’un étrange ermite qui rôde dans les environs… Moins abordable que Faillir être flingué, ce roman minimaliste se fait souvent métaphysique, tout en impressionnant par sa maîtrise, son art du langage et son intelligence.

Llorca - La CorrectionUNE SEULE LETTRE VOUS MANQUE ET TOUT EST DÉRÉGLÉ : La Correction, d’Élodie Llorca (lu)
C’est l’histoire d’un premier roman dont le pitch pourtant alléchant s’avère vite anecdotique, créant une déception inévitable : le correcteur d’une revue s’émeut de trouver de plus en plus de coquilles dans les articles qu’il doit vérifier et rectifier. Ces fautes seraient-elles volontaires ? Et seraient-elles le fait de sa patronne, une femme troublante et autoritaire ? Alors que les coquilles se multiplient, la vie de François se détraque… L’idée des coquilles invasives était séduisante, elle est malheureusement sous-exploitée, et le roman se perd un peu en route pour finir dans la confusion. Une belle sensation de malaise néanmoins, prometteuse.

*****

St John Mandel - Station ElevenLA ROUTE ET LA TEMPÊTE : Station Eleven, d’Emily St. John Mandel
Un célèbre acteur meurt sur scène en interprétant le Roi Lear. Le lendemain, une pandémie s’abat sur la planète, dévastant une grande partie de la population. Dans les ruines du monde, une troupe itinérante continue à jouer Shakespeare, comme un symbole d’espoir… Connue pour ses romans noirs, la Canadienne Emily St. John Mandel glisse vers le roman post-apocalyptique, relevant un défi littéraire qui ne devrait pas manquer de panache. Lecture commencée, à suivre !

Smiley - Nos derniers joursSTEINBECK IS BACK : Nos premiers jours, de Jane Smiley
Les grands bouleversements du monde entre les années 1920 et 1950 vus depuis l’Iowa, à travers l’histoire d’une famille à la tête d’une exploitation agricole. Une saga familiale qui devrait reposer sur le souffle épique dont les Américains ont le secret. Et une auteure que je ne connais pas, à découvrir.

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11 Réponses

  1. Le grand jeu ne serait pas pour me déplaire !

    13 juillet 2016 à 19:33

    • Ca se tente carrément, mais comme je te l’ai dit en réponse à ton autre commentaire, « Faillir être flingué » est sûrement mieux pour découvrir cette auteure.

      13 juillet 2016 à 21:07

      • Je suivrai ton conseil et commencerai par failli être flingué !

        13 juillet 2016 à 22:50

      • J’espère que cette chevauchée littéraire te plaira ! J’en garde encore aujourd’hui un souvenir très vif :)

        13 juillet 2016 à 23:29

      • Pas mal au cul à cause de la chevauchée ?? Parce que si la selle n’est pas de bonne qualité ou même, si tu es juste resté longtemps sans chevaucher, ça fait mal partout partout ! :lol:

        14 juillet 2016 à 22:21

      • Tant qu’elle est littéraire, je supporte la chevauchée. Par contre, plus jamais je ne monterai sur un canasson, j’ai trop de mauvais souvenirs (notamment fessiers) d’un stage de cheval quand j’avais quinze ans… Les chevaux, c’est très beau, tant qu’on n’est pas obligé de monter dessus !

        17 juillet 2016 à 10:15

      • Je suis heureuse de remonter, moi, sur un canasson ! Pourtant, des mauvais souvenirs, j’en ai à la pelle, des commotions, des radios des bobos, des frayeurs, des fois où j’ai cru que ma dernière heure arrivait… je suis maso ! Mais j’ai jamais mal au cul car j’ai des bonnes selles, juste mal muscles entre-jambe si je reste un certain temps sans monter, ensuite, ça passe au bout de 2 jours de monte intensive ;)

        18 juillet 2016 à 08:22

      • Après, quand on aime ça… Ma courte expérience passée m’a vacciné à vie :-)
        Mais je suis toujours content de voir un beau cheval – de loin, dans son pré, bien tranquille, sans selle sur le dos qui me serait destinée :-P

        18 juillet 2016 à 12:51

      • Je t’avoue que j’ai plus mal partout lorsque mon père me confie le poste de meneur (meneuse, ça fait pas sérieux) de l’attelage ! Si je fais groom, ça roule, mal nulle part, mais en conduite, mal partout, vive la selle !

        On n’a jamais fait travailler à mort nos chevaux, même en piste, c’est 30 minutes maxi, 45 quand on reste au milieu pour suivre la copine qui fait un exercice. Pas comme dans certains manèges où le cheval n’avait qu’un mois de vacances sur l’année et son seul moment de mise au pré. :-(

        19 juillet 2016 à 08:58

      • Ah oui, mais tu es vraiment dans le dada, alors !!! Je n’avais pas compris que tu murmurais régulièrement à l’oreille des chevaux.
        Il vaut mieux que tu les aimes, alors, effectivement, et que tu supportes de monter, sinon ce serait problématique :-)

        20 juillet 2016 à 07:31

      • Je commence à pratiquer l’éthologie avec une, qui connait les bases et sur l’autre qui me regarde comme si j’étais un écrevisse géant parlant le finnois. Mais vu que je mets à causer leur langage, ça va mieux ! mdr

        Le jour où je ne pourrai plus monter, je serai malheureuse…

        20 juillet 2016 à 22:38

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