Archives de mai, 2011

Comment je suis devenu un ecrivain celebre, de Steve Hely

Je ne sais pas vous, mais moi, ce qui m’attire dans un livre, c’est son titre. Puis sa quatrième de couverture. Le nom de l’auteur est ici complètement inconnu, normal, c’est son premier roman.
Les éditions Sonatine remplissent à merveille l’appel marketing qui fait vendre. Belle couverture, titre très accrocheur et quatrième de couverture géniale, qui fait de ce livre, la huitième merveille du monde (bravo au stagiaire !)
Sans oublier LA phrase d’un journal américain qui glorifie ce livre.

Bref, le concept packaging est là et tant mieux pour eux si ça fait vendre. Reste maintenant à ouvrir l’ouvrage.

L’histoire parait amusante et promet bien des sourires. Pete Tarslaw, la petite trentaine, est un raté. Son ex lui envoie une invitation de mariage, auquel il décide de se rendre, mais pas sans ourdir une menue vengeance. Il viendra bien à ce mariage mais adulé par toutes les femmes présentes dans l’assemblée. Il viendra riche et célèbre. Et pour cela, quoi de plus simple qu’écrire un roman sur le modèle des Marc Lévy et Guillaume Musso américains ?

Il rédige donc Cendres dans la Tornade, un ramassis de clichés tous plus dégoulinants les uns que les autres. En fait, il ne fait que reproduire ce qu’il sait des best-sellers américains. De l’amour passionnel, des enfants cancéreux, une tragédie imminente (Katerina fait encore beaucoup pleurer dans les chaumières américaines), une vieille (pour le lectorat de plus de 60 ans), des virées en voiture sur les routes américaines (pour le côté Jack Kerouac et faire plaisir aux magnats du pétrole) bref, un salmigondis de clichés tous plus outranciers les uns que les autres.

Mais le problème, c’est que ça marche. Le livre est publié. S’ensuit alors une longue angoisse à scruter les sites tels Amazon pour connaître le classement du livre. Sans vous dire la suite…

Dans Comment je suis devenu un écrivain célèbre, tous les clichés littéraires sont là. Le jeune raté qui écrit un roman pour draguer son ex, la maison d’édition fauchée qui ne parie pas un kopek sur l’auteur, les autres « écrivains » immensément riches grâce aux parutions de leurs « romans »,  les journalistes qui courent après le scoop littéraire… A peu de choses près, on s’y croirait.

Steve Hely s’amuse à démonter toutes les étapes de publication d’un roman, de la source d’inspiration à la promotion avant la chute inexorable des ventes.

Ca aurait pu être bien. Il m’est arrivé parfois de rire à certaines phrases de ce livre. Ou à certaines situations. Cependant, mon premier constat en refermant cet ouvrage a été « ouf… » Ouf dans le sens, bon sang que ça a été long. 370 pages de rebondissements en tout genre, pas une seule minute pour souffler. Steve Hely ne s’appuie pas sur ses personnages, ne les développe pas. Il ne s’attarde jamais vraiment sur les sentiments de son personnage. On passe de Tata Evelyn à Derek ou Hobart en moins de 5 secondes top chrono et on fatigue à force de se perdre dans le sillage de Pete Tarslaw, le héros du bouquin.

Au final, Comment je suis devenu un écrivain célèbre n’est pas si drôle que la quatrième de couv’ veut bien nous le faire croire. C’est au plus un roman sympa à lire sur la plage cet été, roman qui ne vous laissera pas de grands souvenirs. Ce qui est sûr, c’est que ce sera toujours plus divertissant et enrichissant intellectuellement que le nouveau Guillaume Musso…

Comment je suis devenu un écrivain célèbre de Steve Hely
Editions Sonatine
ISBN 9782355840623
370 pages 18€

Une chronique de Clarice Darling


Les auteurs

Libraires en région parisienne depuis de nombreuses années, Clarice Darling et Bookfalo Kill passent la littérature au crible de leurs crocs aiguisés.

Clarice Darling aime les livres drôlement sérieux (Simone de Beauvoir entre autres)  et sérieusement drôles (Boris Vian entre autres). Elle chronique principalement les ouvrages de littérature française et étrangère, les beaux-livres, les documents historiques et les albums jeunesse.

Bookfalo Kill est un grand amateur de polar. Inconditionnel de Dennis Lehane, Craig Johnson, Thierry Jonquet, Jo Nesbo, Bretin & Bonzon ou Marin Ledun, il n’aime rien tant que de se faire surprendre et découvrir de nouveaux auteurs. Il signe également des articles sur la littérature et les romans jeunesse.

Jack Trofort et Jolie Poster sont les pseudonymes d’amis libraires, éditeurs, bibliothécaires et/ou écrivains qui chroniquent de temps à autre les livres qu’ils aiment (ou pas !)


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Les textes que nous publions sont faits pour vous guider dans vos prochaines lectures, pas pour encenser certains auteurs ou en démonter d’autres. Nous sommes responsables de nos chroniques et nous ne cédons pas cela à la pression ou aux copinages. On aime, on le dit. On n’aime pas, on le dit aussi! Si vous souhaitez faire référence à une de nos chroniques, merci de nous demander l’autorisation (on ne mord pas!) par mail et de faire un lien vers notre blog.

Les auteurs.


Poids lourds du polar > Dennis Lehane

Signé Bookfalo Kill

Auteur de chefs d’œuvre époustouflants (Mystic River, Shutter Island ou Un pays à l’aube), Dennis Lehane s’est également livré à un exercice plus codifié, entre roman de détective à l’américaine et roman noir, avec la série consacrée au duo Kenzie-Gennaro. Après cinq romans (1), le romancier avait décidé de mettre ses privés au repos, le dernier opus datant de 1998. Mais le 11 septembre, et surtout la crise économique mondiale sont passés par là. Alors Lehane, dans Moonlight Mile, a réactivé ceux dont il s’est toujours servi comme témoins de la violence à l’œuvre au cœur et en marge de la société américaine.

Pourtant bien des choses ont changé dans la vie de Patrick Kenzie et Angela Gennaro : ils ont cessé d’être détectives privés, se sont mariés et ont une petite fille de quatre ans. Patrick travaille pour une compagnie de surveillance qui tarde à l’engager pour de bon, sous prétexte qu’il n’est pas assez lisse pour ses clients, et Angela a repris des études de sociologie. Et, comme beaucoup d’Américains moyens, ils tirent le diable par la queue.
Bref, ils ont déjà assez d’ennuis comme cela, et ils se passeraient bien de ceux amenés par la réapparition dans leur vie de Beatrice McCready, tante d’Amanda, la fillette dont le kidnapping était au cœur du quatrième roman de la série, Gone Baby, Gone. Amanda a désormais seize ans… et elle a de nouveau disparu. Persuadée que la jeune fille est en danger, Beatrice convainc Patrick de reprendre l’enquête, même si celui-ci ne cède que lorsque de mystérieux hommes de main ont la mauvaise idée de lui casser la figure et de menacer sa famille, histoire de le convaincre de ne pas s’occuper de cette histoire…

Reprendre des personnages récurrents écartés depuis longtemps est parfois un aveu d’impuissance, de manque d’inspiration. Mais pas chez Lehane. D’abord parce qu’il n’a plus rien à prouver. Ensuite, parce que sa démarche est ici particulièrement intéressante. Dès le début du roman, au fil d’un scène de filature très amusante, on retrouve le ton propre à la série Kenzie-Gennaro, plein d’une ironie réjouissante. Pourtant, le désenchantement n’est pas loin non plus. Les héros sont fatigués… S’ils sont toujours capables de s’enflammer quand l’injustice pointe le bout de son nez, ils ont beaucoup perdu de leur insouciance avec leur jeunesse. Du coup, l’humour se fait plus rare que dans les précédents romans.
Dennis Lehane ne cède pas pour autant à la nostalgie ou à la mélancolie. À travers l’évolution complexe de ses personnages, il scrute sans concession une Amérique en plein effritement social, où s’épanouissent trafics et magouilles en tous genres, à toutes les échelles. Pas étonnant qu’une bande de mafieux russes psychopathes servent de centre de gravitation à cette sixième enquête… En confrontant ses héros vieillis (mais pas forcément assagis) à une société où le plus grand nombre lutte pour survivre, le romancier souligne à quel point les choses ne se sont guère améliorées depuis les années 90 aux Etats-Unis.

Au-delà du regard acéré de l’auteur, du contenu critique du roman, il faut bien sûr considérer la mécanique policière du récit. Comme toujours chez Lehane, elle est impeccable. Le garçon est un maître conteur et ne faiblit pas une seconde dans la conduite de l’intrigue, même si celle-ci, finalement, s’avère assez classique. De ce point de vue, Moonlight Mile est loin d’être le meilleur roman de la série. Sûrement parce que Lehane lui-même a changé, mûri, et que son ambition littéraire est un peu à l’étroit dans un tel moule.
Reste le plaisir, véridique, de retrouver Kenzie et Gennaro, et le talent d’écrivain d’un des meilleurs auteurs américains de romans (noirs) contemporains. Là encore, il n’y a aucune raison de passer à côté !

Moonlight Mile, de Dennis Lehane
Éditions Rivages-Thriller
ISBN 978-2-7436-2227-5
384 p., 20€

(1) : dans l’ordre : Un dernier verre avant la guerre ; Ténèbres, prenez-moi la main ; Sacré ; Gone Baby, Gone ; Prières pour la pluie.

Retrouvez Moonlight Mile sur le site des éditions Payot & Rivages.

Poids lourds du polar > Fred Vargas

Signé Bookfalo Kill

Même si l’une des vocations premières de ce blog est de parler de sujets ou de livres dont on ne parle pas (ou du moins pas assez) à notre goût ailleurs, il n’est pas question pour autant de snober les auteurs importants. Surtout quand on les aime beaucoup et que leur nouveauté mérite qu’on en dise un mot.

Hasard du calendrier, deux de mes auteurs favoris, stars des best-sellers, viennent donc de publier un nouveau roman. Commençons par la Française, l’incontournable Fred Vargas, qui revient après trois ans de silence polardesque. L’Armée furieuse met à nouveau en scène son héros emblématique, Jean-Baptiste Adamsberg, et son équipe de flics hors normes (Danglard le rationaliste encyclopédique et alcoolique, l’inarrêtable Violette Retancourt, le rimeur Veyrenc…) Cette fois, le « pelleteur de nuages » prend le large en Normandie, sur la piste de la Mesnie Hellequin, une troupe de démons tout droit sortie du folklore médiéval, qui apparaît épisodiquement pour « saisir » quelques vivants, réputés être auteurs de crimes pour lesquels ils n’ont jamais été punis ; saisie qui s’apparente à un présage de mort, puisque quelques jours après le passage de la cavalerie fantomatique, les élus trouvent la mort…

Le risque avec Vargas, c’est de finir par être blasé, et donc de ne plus apprécier le cocktail à sa juste mesure. C’est vrai, on connaît la recette : un mélange singulier entre des histoires improbables, des situations décalées, des dialogues virtuoses, un humour unique et des personnages hors normes. Certes, Vargas fait à nouveau l’impasse sur certains éléments récurrents de ses premiers romans avec Adamsberg, comme l’histoire avec Camille ; et il semble que son héros stagne quelque peu – même si le développement de sa relation avec son fils aîné, découvert dans Un lieu incertain, est assez réussi. 
Mais que voulez-vous, quoi qu’il en soit, cela fonctionne ! Et puis, pourquoi attendre plus que ce que l’auteur souhaite donner, c’est-à-dire un moment de lecture détente, une forme d’anxiolytique littéraire relevé d’une pincée d’érudition plaisir ? Bref, si vous aimez Vargas, ne boudez pas votre plaisir et foncez !

A noter : une interview de Fred Vargas dans le dernier numéro du magazine Lire (spécial polar, juin 2011), d’autant plus intéressante que l’auteur est généralement avare de confidences. Ici, elle se livre avec un franc-parler louable, expliquant notamment sa manière d’écrire, son rapport au succès… Passionnant !

L’Armée furieuse, de Fred Vargas
Editions Viviane Hamy, 2011
ISBN 978-2-87858-376-2
430 p., 19,50€

Retrouvez L’Armée furieuse sur le site des éditions Viviane Hamy.

La Fete du Siecle, de Niccolo Ammaniti

Signé Bookfalo Kill

Dans les années 90, en Italie, une vague de jeunes auteurs fait sensation autant que scandale. Ceux que l’on surnomme «les Cannibales» (en raison de leur collaboration à un recueil de nouvelles intitulé Jeunesse cannibale) sont moins un authentique mouvement littéraire organisé qu’une communauté spontanée de style et de pensée. Ils partagent un certain goût pour la violence, la destruction des tabous, et des références culturelles modernes (cinéma, BD, jeux vidéo, culture pop ou « pulp »…) ; ainsi qu’une manière de dynamiter les codes littéraires, notamment en tirant la langue vers l’oralité – le caniveau linguistique, diront leurs détracteurs…
De tous ces écrivains, Niccolò Ammaniti est sans doute la plus pure révélation, devenu aujourd’hui l’un des grands noms incontournables des lettres italiennes. À tel point qu’il a été consacré en 2007 par le prix Strega, équivalent transalpin de notre Goncourt, pour Comme Dieu le veut (Grasset, 2008). Une forme d’adoubement qui récompense l’ambition littéraire et narrative d’un auteur ayant largement dépassé le statut de phénomène de mode pour atteindre celui d’écrivain représentatif de son époque.

Toujours est-il qu’Ammaniti semble retrouver la veine de ses débuts dans son nouveau roman. Grotesque, loufoque, grandiloquente et dégénérée, sa Fête du siècle radiographie sans pitié l’Italie de Berlusconi, dans toute sa vulgarité et sa vanité.
On y suit en particulier la trajectoire de deux personnages que tout semble opposer – quoique… À ma gauche : Fabrizio Ciba, jeune romancier à la mode après deux best-sellers, plus obsédé par son image, son ego démesuré et ses conquêtes féminines que par son troisième roman, dont il bute sur le deuxième chapitre depuis trois ans. À ma droite : Saverio Moneta, dit Mantos, leader pathétique d’une secte satanique composée de quatre (!) membres plus branques les uns que les autres, et accessoirement vendeur de meubles sous la férule d’un beau-père tyrannique.
Entre eux, on trouve Sasà Chiatti, milliardaire tendance mafieux mégalomane, qui a métamorphosé la Villa Ada, au cœur d’un des plus vieux parcs de Rome, en réserve animalière doublée d’un terrain de safari ; et invité tout ce que la capitale italienne compte de gens « importants » pour célébrer son triomphe au cours d’une grande chasse dans la plus pure tradition colonialiste… Ciba en est, bien sûr ; tandis que Moneta et ses acolytes parviennent à y pénétrer en tant que personnels de maison, avec la ferme intention de profiter de l’événement pour marquer l’histoire de leur secte d’un coup d’éclat mémorable.
Bien entendu, rien ne se passe comme prévu, et au cœur du zoo, les animaux les plus sauvages ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Après une première partie hilarante, dominée par un ton mordant d’ironie tandis qu’il campe ses personnages, Ammaniti nous entraîne sans crier gare dans une farce débridée, quelque part entre Jurassic Park et un remake hystérique de The Party, dès lors que les festivités commencent.
Emporté par la verve et l’énergie exceptionnelles de l’auteur, le roman tourne au jeu de massacre et n’épargne pas grand-chose, et surtout pas ce que la fête imaginée par Ammaniti incarne de la vulgarité bien réelle de la société italienne contemporaine. Footballeurs divinisés, starlettes télévisuelles sans lendemain, chirurgiens cocaïnomanes, poètes artificiels, créatures arrivistes, personne n’est épargné ; pas même le petit monde de l’édition, qui en prend largement pour son grade. Et plus on avance, plus le romancier se lâche, jusqu’à oser imaginer une intrigue totalement abracadabrante autour des Jeux Olympiques de 1960… Impossible d’en dire plus sans tout gâcher – sinon qu’il s’agit bien d’une idée digne d’un ex-Cannibale !
Bref, on est bien loin des clichés romantiques sur Rome, son glorieux héritage culturel et son rayonnement historique. D’ailleurs, comme un symbole, même les Vespa y tombent violemment en panne…

Moins puissant que Comme Dieu le veut, extraordinaire roman-ouragan sur l’Italie des laissés-pour-compte, La Fête du siècle se lit néanmoins avec jubilation dès lors que l’on accepte son caractère de farce noire, et donc les énormités assumées qu’Ammaniti s’autorise. On y rit souvent… de peur sans doute d’être obligé d’en pleurer !

Ne vous laissez pas arrêter par la couverture, spécialement moche... Ammaniti mériterait un meilleur maquettiste !!!

La Fête du siècle (Che la festa cominci), de Niccolò Ammaniti
aux éditions Robert Laffont, 2011
ISBN 9782221116050
396 p., 21 €




La revue Collection

Collection, revue de dessin contemporain, vient de sortir son deuxième opus.

Collection n°1

Collection n°2

Le premier numéro m’avait épaté par sa qualité, tant sur le fond que sur la forme. Le nouveau-né est le digne frère de son aîné.

Pas besoin d’être un crack du dessin ou un passionné de graphisme pour se pencher sur Collection. Et c’est justement là l’intérêt : présenter des dessinateurs connus (Killofer ou Rupert et Mulot) ou inconnus du grand public afin de sortir des carcans habituels du « bah le dessin contemporain, je ne comprends rien ».

Avec Collection, on dialogue avec les artistes pour comprendre leurs travaux, on s’ouvre vers un univers plus ou moins connu, par le biais d’entretiens. Pour appuyer les dires des auteurs-dessinateurs, de nombreuses reproductions d’œuvres des artistes interrogés parsèment la revue. Les artistes s’expriment sans tabous, les questions ne sont pas planifiées d’avance (les rédacteurs de Collection ne sont pas journalistes et on sent la spontanéité dans leurs interrogations), l’interview est fluide, amenant une cohérence et une compréhension autour de l’œuvre et de la personnalité du dessinateur.

Ce qu’il y a de bien chez Collection, c’est la diversité des techniques présentées. Collages, huile sur toile, stylo Bic, feutres, gouache… On découvre ainsi des artistes ou des œuvres étonnantes (Masist Gül notamment), hors des sentiers battus et des idées préconçues.

Le seul point « faible » de Collection réside peut-être dans sa ressemblance avec Roven, autre revue de qualité de dessin contemporain. Si elles ne sont pas similaires (hormis pour le prix et le bilinguisme total de la revue), on peut sentir une certaine filiation, que ce soit par les artistes présentés ou dans la forme des entretiens. Roven reste cependant une véritable revue au sens large du terme (avec un dossier sur un thème précis ; des présentations d’artistes ; des entretiens, des portfolio…), tandis que Collection se concentre vraiment sur les auteurs-dessinateurs, leurs oeuvres et l’entretien qui tourne autour d’eux.

La somme de travail accomplie par l’équipe bénévole de Collection limite la parution de cette revue à une publication par an, mais les auteurs (tous dessinateurs) sont régulièrement invités à des expositions, principalement à Paris, ainsi qu’en province ou à l’étranger.

Pour conclure, Collection est une revue exigeante écrite dans un jargon intelligible pour le commun des mortels. Elle ouvre à une forme artistique plus discrète, plus secrète. Gageons qu’elle puisse trouver sa place au sein des revues de dessins et devienne, chemin faisant, un des incontournables du milieu.

Revue Collection, publiée aux éditions En Marge,
diffusion/distribution Les Belles Lettres
revue annuelle
n°1 ISBN 9782914 697439 paru en mai 2010
n°2 ISBN 9782914 697507 paru en mai 2011
Revue entièrement bilingue anglais/français
18€

En savoir plus http://www.collectionrevue.com/

Un article de Clarice Darling

Les images de cet article sont extraites du site internet de la revue Collection