Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Steamboat, de Craig Johnson

Signé Bookfalo Kill

Un soir de réveillon, alors qu’il est de garde, le shérif Walt Longmire est dérangé dans sa lecture annuelle du Conte de Noël de Dickens par l’irruption d’une jeune femme asiatique, qui affirme le connaître, de même que son prédécesseur et ami, Lucian Connally, alors qu’ils n’ont aucun souvenir d’elle. Pourtant, un seul mot, « Steamboat », suffit soudain à ramener les deux compères des années en arrière, en 1988 précisément, veille de Noël également, à bord d’un vieux coucou de la Seconde Guerre mondiale leur ayant permis de réaliser ce soir-là une mission de sauvetage dans des conditions météorologiques dantesques…

Johnson - SteamboatChaque année, Craig Johnson a pris l’habitude d’écrire en fin d’année une nouvelle mettant en scène Walt Longmire, son shérif emblématique – court texte que Gallmeister, l’éditeur français du romancier du Wyoming, offre d’ailleurs à ses lecteurs par l’entremise des libraires. Steamboat aurait dû n’être qu’une de ces nouvelles, mais pour une fois, son sujet a littéralement débordé Johnson. Passionné d’aviation, il a mis tout son cœur dans cette histoire et en a tiré ce bref roman, forcément atypique dans son œuvre, suspense relevant du récit d’aventure et non du polar.

Outre ses personnages emblématiques (ici, Walt et Lucian, ainsi que le médecin, Doc Bloomfield) et son humour désabusé si attachant, les ingrédients du romancier sont simples : une petite fille gravement blessée à sauver en urgence, une tempête de neige dévastatrice, un vieil avion seul capable d’affronter des conditions météo aussi extrêmes, le tout la veille de Noël. Tirant tout droit sur ce fil, Craig Johnson multiplie les péripéties techniques comme autant de rebondissements haletants, faisant de son shérif et de ses acolytes une bande d’Indiana Jones de fortune, dont on partage les difficultés avec passion. Si c’était un film, nul doute qu’on bondirait régulièrement sur notre siège en s’accrochant aux accoudoirs, tant les situations de stress se succèdent à un rythme implacable.

En véritable connaisseur, Johnson abuse peut-être un peu des termes techniques, tout comme certains passages médicaux donnent l’impression d’avoir basculé sans crier gare dans un épisode bizarre d’Urgences. Mais rien qui empêche de bouder son plaisir à plonger dans cette drôle d’aventure de Walt Longmire. Si Steamboat est un roman mineur de Craig Johnson, ce n’en est pas moins un bon moment de lecture – dont on pourra tout de même déplorer le prix quelque peu prohibitif (21,50€) pour moins de 200 pages…

Steamboat, de Craig Johnson
(Spirit of Steamboat, traduit de l’américain par Sophie Aslanides)
Éditions Gallmeister, 2015
ISBN 978-2-35178-100-5
182 p., 21,50€

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14 Réponses

  1. Pour du Johnson, je suis prêt à les débourser ces 21 euros même si c’est un peu chaud pour 200 pages effectivement ! Je suis tombé sous le charme et l’écriture de cette sympathique armoire à glace, et il était dit que je les aurais tous dans ma bibiliothèque !! :) bisou !

    7 novembre 2015 à 08:19

    • J’avoue, je fais pareil… Je me mets juste à la place de la plupart des gens, et notamment de ceux qui n’ont encore jamais cédé au charme de Mister Craig, pour considérer objectivement qu’il s’agit d’un prix excessif.
      A part ça, c’est tellement agréable de retrouver ces personnages – et notamment Lucian, particulièrement en forme ici :)

      7 novembre 2015 à 08:30

  2. Je l’ai bien aimé moi ce Walt Longmire, même si effectivement Gallmeister aurait pu le proposer en inédit poche.
    Merci une nouvelle fois pour ce bel avis :) ;)

    8 novembre 2015 à 19:54

    • Merci !
      Je l’ai bien aimé aussi, notamment parce qu’il est différent des autres, c’est une facette complémentaire des personnages de Craig Johnson. Il me laissera sûrement moins de traces que d’autres romans de la série, mais c’est un bon moment, rien à dire !

      13 novembre 2015 à 08:12

      • Oui et puis si, comme moi, on a plus le temps de suite les aventures de Longmire dans leur intagralité, c’est un bon moyen de replonger dans l’univers de notre héros et de son auteur. ;) :)

        14 novembre 2015 à 08:01

      • Oui, c’est vrai aussi ! C’est d’ailleurs exactement mon cas, j’ai un peu tendance à en lire un sur deux maintenant, faute de temps. Et c’était vraiment plaisant de retrouver ces personnages un peu hors contexte, dans un roman bref et rapide à lire.
        Donc on dit merci à Gallmeister et à Craig Johnson ? Ah bah oui, tiens, finalement :D

        16 novembre 2015 à 07:38

      • Ben oui, tiens finalement ;)

        16 novembre 2015 à 12:26

  3. Certes, c’est un peu expansif si on calcule le prix à la page… mais pour mon shérif préféré, qu’est-ce que je ne ferais pas ?? ;)

    9 novembre 2015 à 20:08

    • Non mais c’est sûr, il y a pire que de donner ses sous à un éditeur de grande qualité, pour un auteur exceptionnel, je te l’accorde :)

      13 novembre 2015 à 08:10

      • Oui, on pourrait les donner aux impôts qui font porte nawak avec bien souvent… je préfère faire manger l’éditeur et l’auteur de qualité ! na !

        13 novembre 2015 à 11:01

      • Voilà un excellent argument :)

        16 novembre 2015 à 07:36

      • Je vais le pratiquer ! ;-)

        16 novembre 2015 à 19:31

  4. Tu es en avance sur Noël !

    12 novembre 2015 à 13:54

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