Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Le Chant du converti, de Sebastian Rotella

Signé Bookfalo Kill

Avez-vous déjà entendu parler du gangsterrorisme ? A moins d’être spécialement passionné par les questions de terrorisme international, sans doute que non. Hé bien, vous pouvez compter sur Sebastian Rotella pour vous captiver avec ce sujet au cœur du Chant du converti, son deuxième roman.

Rotella - Le Chant du convertiOn y retrouve Valentin Pescatore, l’ex-agent de la police frontalière américaine, rescapé de sa dangereuse mission d’infiltration et parti se mettre au vert à Buenos Aires. Il y officie en tant que détective privé dans l’agence de Facundo Hyman Bassat, et goûte à cette nouvelle vie plus paisible. Mais ce séjour idyllique prend fin lorsqu’il rencontre à l’aéroport Raymond, son ami d’enfance américain, qu’il avait perdu de vue lorsque ce dernier prenait le parti d’une vie de voyou chanteur peu recommandable.
Ces retrouvailles soi-disant hasardeuses chatouillent le sixième sens de Valentin – et il n’a pas tort. Lorsqu’un terrible attentat frappe quelques jours plus tard un centre commercial bondé, et que les ennuis tombent brusquement sur la tête du jeune détective, il se dit que le retour de Raymond la poisse n’y est sans doute pas pour rien…

Comme dans Triple Crossing, son excellent premier roman, Sebastian Rotella équilibre à la perfection suspense et documentation. Il gagne même ici en concision et en clarté, alors que les données qu’il manie au sujet de ce fameux gangsterrorisme sont plus complexes, impliquant des ramifications internationales plus vastes encore que celles évoquées dans son premier roman. Son style, épuré et fluide, se met au service d’une construction efficace que rythment des dialogues qui sonnent toujours juste, des séquences explicatives dynamiques et des scènes d’action ébouriffantes.

Le Chant du converti n’oublie ainsi jamais d’être un thriller hyper divertissant. On y voyage beaucoup, de l’Argentine à la jungle bolivienne la plus hostile, en passant par la France (longuement et en évitant tous les clichés américains sur nous… merci Sebastian !) et l’Irak.
Grande force de Triple Crossing, les personnages sont à nouveau superbement dessinés. Si l’on apprend à mieux connaître Valentin, déjà héros du précédent, on découvre autour de lui une formidable galerie de nouveaux caractères, dont John Le Carré ne renierait pas la solidité, la profondeur et l’ambivalence, à commencer par l’insaisissable Raymond, au coeur du livre ; mais aussi le spectaculaire Facundo ou la policière française Fatima Belhaj, et tous les autres, campés avec un soin humain très convaincant.

Amateurs de polars palpitants et exigeants, je vous le redis, Sebastian Rotella s’impose avec ce deuxième roman comme l’une des meilleures plumes du genre. En un mot comme en cent, je vous le conseille chaleureusement !

Le Chant du converti, de Sebastian Rotella
  Éditions Liana Levi, 2014
ISBN 978-2-86746-736-3
365 p., 20€

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4 Réponses

  1. alexmotamots

    Voilà qui devrait me plaire.

    1 octobre 2014 à 17:07

  2. J’ai rencontré l’auteur à America.C’est une personne charmante,cultivée,parlant le français mais je n’ai pas du tout aimé « Triple Crossing » et il y a donc peu de chances que j’y retourne si c’est dans la même ligne au niveau des personnages.
    Bonne journée.
    Wollanup.

    6 octobre 2014 à 11:41

    • C’est dans la même ligne, avec le même héros d’ailleurs, Valentin Pescatore ; donc, malheureusement, je crains que tu ne sois pas plus convaincu… Crois bien que j’en suis désolé ;-)

      Je n’ai pas pu aller à America, et je l’ai doublement manqué puisque la relation libraire de Liana Levi m’y a cherché, croyant que j’étais sur le festival, pour me présenter Sebastian… Aaaargh !!! Ce n’est que partie remise, je l’espère, car le portrait que tu en fais correspond en tous points à celui que d’autres personnes m’en ont fait.

      Bonne journée à toi, et merci pour ton commentaire !
      B.K.

      7 octobre 2014 à 09:35

  3. wollanup

    Bonne journée à toi aussi.
    Je fais donc l’impasse.

    9 octobre 2014 à 13:04

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