Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

La Bande dessinée, de Bastien Vivès

Signé Bookfalo Kill

Bon, maintenant, vous connaissez le principe, je ne vais donc pas m’étendre pendant des heures sur ce sixième et dernier opus de la série tirée du blog de Bastien Vivès. Sinon pour dire que je l’ai trouvée beaucoup plus sympathique et plus cohérent que le précédent sur La Guerre, constituant une conclusion logique et amusante à cette suite de publications.

Vivès - La Bande dessinéeÉvidemment, le sujet est davantage fait pour lui également, même si je craignais de le voir tomber trop souvent dans la private joke. Dans l’ensemble, il n’en est rien, et le premier strip donne d’ailleurs le ton : une mère consulte un médecin car elle craint que son fils soit retardé ; le praticien la rassure plus ou moins en lui apprenant que sa maladie consiste à faire de la B.D., activité sans danger même si elle peut avoir de sérieuses conséquences sociales…
On est bien dans le ton Vivès, sarcastique et distancié, mais accessible à tous, y compris aux gens qui ne sont pas familiers avec les codes du petit monde de la bande dessinée. Les connaisseurs seront peut-être plus sensibles que les autres aux parodies de séances de dédicaces (« Dédicace 20 ans », « Belgique »), et encore, cela reste drôle sans connaître le contexte.

La Bande dessinée contient en outre plusieurs strips qui caricaturent joyeusement certains aspects du Neuvième Art. Ainsi des comics, dans les conseils d’écriture de Brad (« Comics » et « Le gag »), qui trouvent un écho irrésistible à la dernière page du livre (« Festiblog »), ou dans les aventures délirantes de Flashman. Même chose avec les obsessions thématiques de certains auteurs (« Guerre mondiale ») et la maniaquerie forcenée des collectionneurs (« Astérix »).

Le plus frappant dans ce volume, c’est le sens de l’auto-parodie dont fait preuve Bastien Vivès. Il se met régulièrement en scène, et souvent en horrible personnage, arrogant et méprisant (« Lausanne », « Littérature », « Interview blog »), quand il ne se moque pas carrément de son œuvre (« Dédicace 20 ans », « Ciné »). Il joue ainsi de son image de sale gosse, ce qui ne manquera pas d’exacerber l’agacement de ceux qui le détestent déjà, autant que le soutien de ses fans de plus en plus nombreux.
Bref, le garçon est malin !

La Bande dessinée, de Bastien Vivès
Éditions Delcourt, collection Shampooing, 2013
ISBN 978-2-7560-2992-4
188 p., 9,95€

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