Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Je n’ai pas peur, de Niccolo Ammaniti

Signé Bookfalo Kill

Assommé par la canicule de l’été 1978, un petit village perdu dans les Pouilles somnole. Seuls les enfants ont le courage d’affronter la chaleur pour sortir jouer dans la campagne. Un après-midi, en fouillant une maison abandonnée, Michele, neuf ans, tombe par hasard sur un trou, au fond duquel est enchaîné un enfant blond, affamé, et si sale qu’il paraît sauvage.
Intrigué, Michele va à la fois tenter d’aider le garçon, de s’en faire un ami, et de découvrir ce qu’il fait là. Une enquête qui risque de le conduire à de bien sombres découvertes, et bouleverser à jamais son enfance…

Tandis que paraît Moi et toi, le nouvel opus de Niccolo Ammaniti, les éditions Robert Laffont, qui publient désormais l’auteur italien, ont l’excellente idée de ressortir Je n’ai pas peur, le roman qui l’a révélé au grand public – y compris en France, où Ammaniti reste cependant encore assez peu connu, en tout cas pas à la hauteur de son talent.

Pour commencer, on est saisi par l’atmosphère du livre, chaude, étouffante et poussiéreuse. En quelques mots, le romancier croque à grands traits ce petit coin d’Italie presque oublié, rustre et sauvage, où le soleil écrase tout. D’entrée, on est embarqué, captif de ce huis-clos à ciel ouvert, dont Ammaniti nous empêche de nous échapper jusqu’à la dernière page.

Inspiré de faits divers italiens de l’époque, Je n’ai pas peur est avant tout un superbe roman initiatique, loin de tout angélisme. Avec un art rare des dialogues réalistes et une sobriété narrative admirable, Ammaniti va à l’essentiel pour réussir un équilibre complexe entre cruauté, mystère, émotion, horreur et tendresse. Le suspense et la violence (surtout psychologique) vont crescendo, jusqu’à un final saisissant, bouleversant.

Je n’ai pas peur est sans doute la meilleure clef pour entrer dans l’œuvre de Niccolo Ammaniti, très riche et diverse par ailleurs. Ne passez pas à côté !

Je n’ai pas peur, de Niccolo Ammaniti
Traduit de l’italien par Myriem Bouzaher
Éditions Robert Laffont, 2012 (première édition : Grasset, 2002)
ISBN 978-2-221-13213-5
256 p., 20€

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3 Réponses

  1. si j’avais à conseiller un roman d’Ammaniti, ce serait bien celui-ci. Un de mes préférés. Les éditions Robert Laffont ont eu une bonne idée de rééditer ce titre en complément de « Moi et toi » qui m’a laissé un peu sur ma faim.

    8 septembre 2012 à 15:22

    • J’avoue que, moi aussi, « Moi et toi » m’a semblé moins puissant, moins fouillé que les précédents romans d’Ammaniti. Plus anecdotique ? Je vais essayer de le relire avant de le chroniquer, histoire de voir si j’ai laissé passer quelque chose…
      Merci pour ton avis !
      Cannibalement,
      B.K.

      10 septembre 2012 à 12:14

  2. alexmotamots

    Tu es sous le charme de cet auteur, on dirait. Je note son nom et le titre de ce roman, si jamais il croise ma route.

    8 septembre 2012 à 15:42

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