Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Le Serpent aux mille coupures, de DOA

Signé Bookfalo Kill

A Moissac, on ne peut pas être Noir et cultiver des vignes. C’est en tout cas ce que pense Baptiste Latapie, bas du Front notoire, tandis qu’il détruit consciencieusement le travail de son voisin Omar Petit, au beau milieu de la nuit. Une double mauvaise idée, puisque, outre qu’il se comporte comme un crétin fini, Baptiste surprend une scène inattendu : un mystérieux motard surgi de nulle part descend froidement trois narcotrafiquants colombiens, qui avaient rendez-vous non loin de là avec des dealers napolitains…
S’ensuivent alors quelques heures de folie furieuse dans ce petit coin paisible de France, entre prise d’otages, traque mortelle et éclats de barbarie perpétrés par un tueur psychopathe, adepte d’une forme de torture chinoise particulièrement raffinée, « le serpent aux mille coupures »…

Après l’impressionnant Citoyens Clandestins, DOA est revenu en 2009 avec un roman beaucoup plus court, et du coup beaucoup plus sec, nerveux, presque expéditif. Sa parution en poche permet de le redécouvrir.
Délaissant la dimension espionnage qui garantissait l’intérêt de son précédent roman, il développe un pur thriller, brutal et violent, sur fond de racisme régional (un viticulteur noir est victime d’une haine bas de plafond de la part de « collègues » autochtones) et de trafic de drogue international – un aspect qui donne cependant l’impression de servir surtout de prétexte et de ne pas avoir été suffisamment approfondi.

Si l’impression générale est qu’il s’agit d’un roman écrit rapidement, dans l’influx, DOA maîtrise néanmoins toujours aussi bien un récit complexe, mettant en scène une dizaine de personnages – attention à être bien concentré pendant les premières pages, ça démarre vite et il faut rapidement assimiler un certain nombre d’éléments, comme dans Citoyens Clandestins – auquel est adressé d’ailleurs un clin d’œil, que les amateurs apprécieront.

Moins ambitieux au final que ce dernier, Le Serpent aux mille coupures garantit néanmoins un moment de lecture captivante, pour amateurs de thrillers efficaces et intelligents.

Le Serpent aux mille coupures, de DOA
Éditions Folio Policier, 2012
(Première édition : Gallimard, coll. Série Noire, 2009)
ISBN 978-2-07-044115-0
242 p., 5,70€

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Une Réponse

  1. alexmotamots

    Pas lu « citoyens clandestins » mais ce roman-ci m’a laissé de bons souvenirs.

    2 avril 2012 à 15:58

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