Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Betty, d’Arnaldur Indridason

Signé Bookfalo Kill

Il y a des romans, des polars surtout, dont on se demande bien comment on va faire pour en parler ; comment, même, on va réussir à en faire un résumé accrocheur en dévoilant l’intrigue au minimum – sachant que c’est essentiel pour ne pas en déflorer l’intérêt et la réussite.
Betty, le nouveau roman de l’Islandais Arnaldur Indridason, est clairement de ceux-là. Je vais donc m’efforcer d’être aussi précis que possible avec un minimum de mots.

Si vous ne le connaissez pas, Indridason est l’un des auteurs majeurs du polar nordique contemporain. L’égal pour l’Islande du Suédois Mankell ou du Norvégien Nesbo. Il est célèbre pour sa série mettant en scène l’inspecteur Erlendur, flic taciturne et opiniâtre, lesté d’un passé obsédant (la disparition de son petit frère, dont il est partiellement responsable) et d’une famille problématique, dont les enquêtes permettent au romancier de mettre en lumière les aspects troubles d’une Islande moins idyllique qu’on voudrait bien le croire.

Indépendant de la série Erlendur, Betty apparaît comme une sorte de respiration dans l’oeuvre d’Indridason. Non pas que le ton y soit plus joyeux, au contraire ; mais parce qu’il s’agit d’un hommage de l’auteur au roman noir, avec l’un de ses ingrédients centraux : une femme fatale – la Betty du titre -, qui fascine et envoûte, le plus souvent pour leur plus grand malheur, tous ceux qu’elle croise : mari, amants, proches et policiers…

Simple hommage au roman noir ? Non, car Indridason illumine son roman d’une surprise phénoménale – et c’est là que je dois impérativement me taire. En dire plus serait criminel, sincèrement. Sachez juste que grâce à cela, ce qui ressemble de prime abord à une oeuvre très classique (mais bien menée) du genre, devient à mi-chemin de la lecture un roman fracassant, d’une maîtrise narrative aussi admirable que jubilatoire.

Et maintenant, chut ! Faites connaissance avec Betty. Tout comme les personnages de papier qui la croisent, vous aurez sûrement du mal à vous en remettre…

Betty, d’Arnaldur Indridason
Editions Métailié, 2011 (édition islandaise originale : 2003)
ISBN 978-2-86424-845-3
205 p., 18€

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