Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Boris Vian de Philippe Boggio

Actuellement à la Bibliothèque Nationale de France a lieu une exposition fort intéressante sur mon chouchou Boris Vian. Non, pour une fois, je ne vous ferai pas l’éloge de L’écume des jours ou de L’herbe rouge. Mais au sortir de cette exposition, où se mêlent agréablement vidéos, musique, manuscrits et gidouille de ce grand bonhomme, je n’avais qu’une envie. Relire tout Vian. Les commissaires de l’expo ont réussi leur coup! Donner envie aux visiteurs de se plonger (ou replonger) dans l’univers étrangement poétique du trompinettiste et écrivain de talent. 

Après avoir tout lu ou presque dudit Boris, il me fallait une biographie. J’ai choisi celle de Philippe Boggio, aux éditions Flammarion. Parue en 2009, soit 50 ans mois pour mois après la mort de Monsieur Vian. Pourquoi? Peut-être pour la photographie où on voit un Boris Vian de 33 ans courant allègrement en maillot de bain sur la plage. Mais pas que. 

Dans ce livre, j’ai retrouvé l’auteur tel que j’avais envie de le revoir. Sa jeunesse dorée puis le paradis perdu, les débuts de la maladie, la mère Pouche possessive, les débuts dans la musique, etc. J’ai trouvé aussi un contexte, autant littéraire qu’historique et musical. J’ai vu Sartre, Le Castor, Henri Salvador, Raymond Queneau, Jean Paulhan, comme des vieux copains que je n’avais pas revus depuis que j’ai refermé le dernier tome des mémoires de Simone de Beauvoir. J’ai rencontré surtout un journaliste, au style délicat et empreint de poésie, ce qui ne pouvait que convenir à l’auteur qu’était Boris Vian

Les recherches sont très poussées, les références s’accumulent, c’est un formidable travail qu’a fourni Philippe Boggio pour cette biographie. On sent que le journaliste a adoré travailler sur ce personnage haut en couleurs et pourtant si blafard qu’était Boris Vian. Au risque d’en oublier les côtés sombres de l’écrivain, notamment son goût pour les jolies bobby-soxers (les demoiselles peu farouches de son roman J’irai cracher sur vos tombes, signé Vernon Sullivan)
Mais Philippe Boggio nous présente un auteur vrai, mélancolique de son passé, qui cherchera sa vie durant à recréer la chaleur de son enfance, en s’étourdissant de musique et d’amis, au risque de ne plus entendre sa propre musique cardiaque.

Boris Vian est mort à l’âge de 39 ans, à 10h10, le 23 Juin 1959 au cinéma le Marboeuf et est enterré à « Vildavret ». Sur sa tombe, point d’inscription, de peur peut-être que le futur lui crache dessus. 

Boris Vian de Philippe Boggio
éditions Flammarion, 2009
9782081200678
410p., 23€

Un article de Clarice Darling.

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