Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

A première vue : la rentrée Iconoclaste 2018

Je me dois d’être honnête, jamais sans doute les éditions de l’Iconoclaste ne pourront me procurer autant de plaisir qu’avec le bijou de Timothée de Fombelle, Neverland, publié lors de la rentrée littéraire 2017. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut détourner le regard de leur programme 2018, d’autant plus que, d’une certaine manière, il y a récidive : une très grande auteure pour la jeunesse propose à son tour un livre « pour les grands ». Et Fombelle n’ayant pas été la seule satisfaction l’année dernière (le premier roman de Jean-Baptiste Andrea, Ma Reine, a notamment connu un beau succès), nous nous arrêtons donc quelques instants sur le quai de l’Iconoclaste.

Murail - En nous beaucoup d'hommes respirentAUPRÈS DE MON ARBRE : En nous beaucoup d’hommes respirent, de Marie-Aude Murail
La littérature pour la jeunesse peut s’enorgueillir de posséder quelques immenses plumes en France. Timothée de Fombelle, Jean-Claude Mourlevat, Anne-Laure Bondoux en font partie, tout comme la fabuleuse Marie-Aude Murail, capable d’écrire dans tous les registres, tous les genres, tous les styles et pour tous les âges. La voici qui, à la suite de maître Fombelle, se prête pour l’Iconoclaste au jeu du roman pour adultes, avec cette exploration de son histoire familiale à partir de nombreuses archives retrouvées chez ses parents. L’occasion, aussi, de réfléchir à son geste d’écrivain et à ses origines. 440 pages d’exploration intime ? Ça sonne franco-français comme projet littéraire, mais avec Marie-Aude Murail à la plume, on peut espérer un très beau livre.

Cabocel - BazaarNEEDFUL THINGS : Bazaar, de Julien Cabocel
Tiens, un livre qui porte le même titre (dans sa version française) qu’un Stephen King ? Oui mais bon, sinon, aucun rapport, a priori. Le premier roman de Julien Cabocel suit un publicitaire qui décide de changer de vie sur un coup de tête, et de commencer sa nouvelle existence par une décision simple : prendre sa voiture, rouler tout droit, et ne s’arrêter que quand il n’aura plus d’essence. Ce choix le conduit au Bazaar, un motel oublié en plein désert, où notre héros se mêle bientôt à la faune locale dont il découvre les vies multiples et inspirantes… Selon l’éditrice, entre un Bagdad Cafe existentiel et Arizona Dream de Kusturica. Un drôle de cocktail !

Dieudonné - La Vraie vieTHUG LIFE : La Vraie vie, d’Adeline Dieudonné
L’Iconoclaste aime les premiers romans, en voici donc un autre dans cette rentrée. Une histoire de famille bien sanglante sur le papier : un père chasseur de gros gibier, une mère inconsistante et soumise, et deux enfants, un frère et une sœur, qui se soutiennent en partageant jeux et imaginaire. Jusqu’au jour où un violent accident remet tout en question…

Naudet - La blessureLES RACINES DU MAL : La Blessure, de Jean-Baptiste Naudet
L’auteur, grand reporter de guerre, a vu sa mère sombrer dans la folie à la suite de la perte de son fiancé Robert durant la guerre d’Algérie. Lui-même victime de cet héritage, le reporter a déterré l’histoire de cet homme, rencontré son propre père et découvert la correspondance amoureuse que sa mère a échangé avec Robert. Un récit introspectif et familial.


On lira peut-être :
En nous beaucoup d’hommes respirent, de Marie-Aude Murail
Bazaar, de Julien Cabocel


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