Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Les anonymes, de R.J. Ellory

Signé Bookfalo Kill

Avec Les anonymes, son troisième roman paru en France (le sixième sorti en Angleterre), Roger Jon Ellory achève d’imposer sa patte très particulière, mélange d’élégance littéraire, de densité et d’ambition qui transcende le genre du polar pour l’amener vers des territoires plus vastes et captivants.

Ici, tout commence pourtant d’une manière assez classique, avec l’enquête que mène Robert Miller, inspecteur de la Brigade Criminelle de Washington au passé houleux et à l’esprit torturé, sur une série de crimes perpétrés sur des femmes apparemment sans lien entre elles. L’assassin, insaisissable, est surnommé par la presse « Le Tueur aux rubans », à cause des rubans de couleurs dont il entoure le cou de ses victimes, comme une signature.

Du déjà vu ? Non. Certes, l’enquête, bien menée, nous amène avec réalisme dans le quotidien ingrat et obscur des flics ordinaires confrontés à une violence extraordinaire. Mais, comme dans Vendetta, le précédent roman d’Ellory, elle n’est qu’un point de départ, un prétexte pour livrer une histoire autrement plus riche, complexe et ambitieuse. Dans Vendetta, c’était un portrait de la mafia américaine dans la seconde moitié du XXème siècle ; avec Les Anonymes, c’est dans les eaux troubles de la politique secrète des États-Unis – en particulier les manœuvres honteuses de la CIA – que le romancier anglais, extraordinairement bien documenté (ou juste effroyablement crédible, ce qui au final revient au même), nous pousse à plonger. Le résultat, tissé autour de la fameuse construction en spirale qui constitue la marque de fabrique de l’auteur, est vertigineux.

Révélé par le superbe Seul le silence il y a deux ans, R.J. Ellory est probablement l’une des plus belles découvertes de ces dernières années, et ses Anonymes achèvent désormais de le faire passer au statut de valeur sûre et d’installer son œuvre riche, puissante et singulière, dans la catégorie de celles qu’on a envie de suivre de très près.
D’ailleurs, on en reparle très vite, car son nouveau roman, Les Anges de New York, vient de sortir…

Les anonymes, de R.J. Ellory
Éditions Livre de Poche, 2012
(Première édition : Sonatine, 2010)
ISBN 978-2-253-15711-3
730 p., 8,10€

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2 Réponses

  1. alexmotamots

    Un nouveau roman ? Chic. J’avais bien aimé celui-ci, malgré quelques longueurs. Je l’avais préféré à « seul le silence ».

    26 mars 2012 à 14:44

    • Pour ma part, Seul le silence reste mon chouchou, mais les deux autres sont vraiment excellents également.
      J’ai hâte d’avoir le temps de me plonger dans Les anges de New York !
      Cannnibalement,
      B.K.

      26 mars 2012 à 16:59

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