Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Journal de Keith Haring

« Je suis bien conscient qu’il y a un risque que j’ai ou que j’aurai peut-être le SIDA. La probabilité est très forte et en fait, j’en ai déjà les symptômes. (…) Je ne sais pas s’il me reste cinq mois ou cinq ans, mais je sais que mes jours sont comptés. C’est pour cela que mes activités et mes projets ont tant d’importance en ce moment. Il faut en faire autant que possible le plus vite possible. Je suis sûr que ce qui survivra après ma mort est assez important pour que je sacrifie aujourd’hui mes convenances personnelles et mon temps de loisir. Le travail est tout ce que j’ai et l’art est plus important que la vie. »

Fans de Keith Haring, vous allez être gâtés. Ce Journal fut tenu par le peintre-graphiste du 29 Avril 1977 (peu avant ses 19 ans) au 22 septembre 1989 (cinq mois avant sa mort). Cependant, détrompez-vous. Il ne s’agit pas d’un journal intime. Il s’agit vraiment d’un journal artistique, où toutes ses toiles, fresques et autres dessins sont consignés. Ses voyages pour inaugurer telle ou telle exposition dans le monde, ses achats de pinceaux, ses visites dans les usines qui reproduisent ses oeuvres sur T-shirt, badges, etc…

J’ai été étonnée de la maturité de Keith Haring à 20 ans. Par moment, il s’agit véritablement d’un traité sur l’art, avec les aspects un peu ch***** que cela peut entraîner. Et puis à d’autres instants, on ressent l’artiste à nos côtés. Il est là, ce gamin de Pennsylvanie, qui, en l’espace de 15 ans, a réussi à faire éclore son oeuvre à la face du monde. Keith Haring, c’est un artiste inter-générationel, dont les couleurs et les traits transcendent les années. Dans son Journal, il discute avec Andy Warhol, drague des minets bellâtres, prend de la coke et râle contre la nuit, contre l’hiver, contre la maladie, qui l’empêchent de travailler.

Abondamment illustré, ce journal est un véritable traité sur l’art, la société de consommation et le besoin insatiable de peindre et dessiner. Art is life disait son ami Yves Arman. Un message que Keith Haring s’est borné à transmettre à travers son oeuvre.

Journal de Keith Haring
Editions Flammarion, 2012
9782081279421
422p., 26€

Un article de Clarice Darling.

Publicités

2 Réponses

  1. Pingback: Journal de Keith Haring | Chronique de livres | Scoop.it

  2. alexmotamots

    Voilà qui me tente…

    3 juillet 2012 à 15:11

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s