Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Guerre, et si ça nous arrivait? de Janne Teller

Un matin, est arrivé à la librairie, un ouvrage dont la couverture est un passeport et où brillent en lettres dorées, ces six lettres qui nous font soit frémir à cause des atrocités commises, soit nous font vaguement réagir, parce que de toute façon, la guerre, c’est loin, ça n’arrivera jamais chez nous, etc…
Janne Teller a décidé dans cet ouvrage de nous démontrer ce qu’on peut ressentir, en période de guerre. Et de prendre le lecteur par les tripes, en transposant une guerre, dans notre bonne vieille France.

Cela faisait longtemps qu’un ouvrage ne m’avait pas mis autant mal à l’aise. Le pari est réussi! Celui de faire prendre conscience aux lecteurs de ce qui arrive aux réfugiés, à toutes ces victimes de la barbarie « humaine » (je dirais plutôt inhumaine). Ecrit au présent et à la deuxième personne du singulier, parfois même à l’impératif, Guerre est un ouvrage vraiment dérangeant.


Extrait :

« L’hiver arrive, il n’y a pas de chauffage, il pleut à l’intérieur. Seule la cuisine est encore habitable. Ta mère a  une bronchite, elle couve une nouvelle pneumonie. Contre la volonté de tes parents, ton frère a rejoint la milice. Récemment, il a perdu trois doigts de la main gauche dans l’explosion d’une mine. Des éclats de grenade ont blessé ta jeune soeur à la tête. Elle est hospitalisée dans un établissement dénué d’équipement. Une bombe tombée sur leur maison de retraite a tué tes grands-parents paternels. Toi, tu es toujours entier, mais tu as sans cesse la peur au ventre. »

Au début, je me suis crue dans un jeu vidéo. Puisqu’il est vrai que, pour moi aussi, la guerre paraît très loin. Mais au regard de l’histoire, la fin de la Seconde Guerre Mondiale n’est pas si éloignée de notre présent. Janne Teller a le mérite d’exposer la vie d’un adolescent confronté à la guerre qui ravage son pays et plus encore, sa vie. L’auteur s’est refusée à faire référence à tout conflit préexistant, pour ne pas alimenter les ragots qui qualifient parfois son ouvrage de politique. Janne Teller n’a jamais eu une telle idée, elle le précise bien en fin d’ouvrage. C’est un ouvrage de pure fiction, rédigé de façon à ce que le lecteur soit le héros, et dont le happy end voudrait qu’il survive à cette fichue guerre. 

Guerre, et si ça nous arrivait? de Janne Teller
Editions Les Grandes Personnes, 2012
9782361931384
60p., 7€90

Un article de Clarice Darling.

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2 Réponses

  1. alexmotamots

    Pourquoi pas, il a l’air de paraître honnête sur le sujet.

    2 mai 2012 à 21:14

  2. Polovkia

    J’ai trouvé le format sympa, après lecture, on remercie Jane Teller ( dont le nouvel ouvrage est sorti d’ailleurs ), d’avoir pensé à nous plonger dans un univers que notre génération n’arrive pas à se représenter ( ou trop mal ), et bon, petit coup de coeur parce que je me suis souvent demandée : Et si ça nous arrivait …
    En tout cas, Jane Teller semble maîtriser son sujet, toujours dans la sincérité et jamais dans l’exagération des événements.

    26 juin 2012 à 13:39

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