Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Sur la route du papier d’Erik Orsenna

Ex-prof d’histoire-géo ratée, j’avais été contrainte et forcée sous la torture par mes professeurs de feu l’IUFM de lire Voyage au pays du coton, du même auteur. J’avais adoré cet ouvrage. Plus de six ans après les faits, je m’en souviens encore, ce qui est pour moi assez rare. L’ouvrage était comme son sujet : léger tout en étant robuste, avec un je-ne-sais-quoi d’aérien dans l’écriture.

Ma vocation de géographe ayant été perturbée, je n’ai pas vu passer sous mes yeux L’Avenir de l’eau, paru en 2008, le tome 2 de ces Petits précis de mondialisation, comme il est indiqué sur la couverture. Voici donc qu’est sorti l’opus n°3 fin février.

Le sujet est complexe. Mais les écrits d’Erik Orsenna sont extrêmement intéressants. On sent sa méticulosité et son amour du travail bien fait, sur un sujet qui lui tient à coeur, le papier.

Cependant, je me suis parfois perdue dans les méandres de ma lecture. Un paragraphe, il est dans tel pays, quinze lignes plus loin, il est dans un autre… J’avoue avoir eu du mal à suivre notre énergique Académicien dans les recoins de la planète. Ma question fut, au détour des pages : pourquoi est-il là? Qui lui a dit qu’il y avait une papeterie ici? Mon esprit terre à terre sans doute. Le syndrome de la portière ouverte au cinéma, sûrement (mais si, vous avez toujours quelqu’un autour de vous qui remarque les petits détails au cinéma : l’inspecteur de police qui court après un méchant, alors qu’il a laissé les clés sur sa voiture, etc…)

Par contre, le gros point positif de cet ouvrage, outre le fait que vous connaîtrez tout de la déforestation en Indonésie et que vous pourrez parler du papier d’Echizen avec Monsieur Sennelier, LE magasin où les artistes du monde entier achètent leurs papiers à dessin, c’est qu’Erik Orsenna ne s’est pas attardé uniquement sur le papier au sens premier du terme, une simple feuille, un livre, un support pour écrire. Non. Il a cherché le papier dans tous les sens du terme. Y compris le papier hygiénique.

En résumé, Sur la route du papier est un documentaire passionnant, tout en constituant en quelque sorte les mémoires d’Orsenna. Un tome parfois un peu indigeste, mais mené à bon port avec maestria par l’auteur. Un bel ouvrage qui conclut fort bien une trilogie. Tout comme Le retour du Jedi était la fin parfaite pour la Guerre des étoiles.

Sur la route du papier d’Erik Orsenna
Editions Stock, 2012
9782234063358
310p., 21€50

Un article de Clarice Darling.

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5 Réponses

  1. Astrid Berthelot

    A ce sujet, en matière de membre de l’Académie, ll se dit que le fameux libraire M. Collard, qu’on voit à la librairie Griffe Noire, postule pour devenir à l’Académie .. Je pense que ça donnerait un deuxième élan à l’Académie, foi de Saint Maurien. Non?

    4 avril 2012 à 22:37

    • Chère Astrid.

      Nous apprécions particulièrement le travail effectué par les libraires de la Griffe Noire à Saint-Maur.
      Cependant, une question m’est venue de suite : « que ferait Gérard Collard en habit d’immortel, au milieu de ces personnes respectables, chantres de la culture française dans le monde, mais qui, à mon avis, ne sont pas d’une utilité folle? »
      Nous avons besoin de plus de Gérard Collard au contact du public pour promouvoir la culture et la langue française plutôt que 40 « vieux » qui débattent de temps à autre du bon sens d’un mot. Et malheureusement, PPDA semble plus se fondre dans la vision que les Immortels se font d’un Académicien (n’oublions pas qu’il s’agit de cooptation) que le libraire le plus médiatique de France.
      Ceci dit, si c’est vraiment ce que souhaite Monsieur Collard, alors nous lui souhaitons bonne chance!

      7 avril 2012 à 13:05

  2. Luche

    Cet ouvrage ne conclut pas la trilogie des Précis de mondialisation, Erik Orsenna a dors et déjà annoncé qu’il préparait deux suites, l’une sur la mer, l’autre sur les villes. Il a également émit l’idée d’un ouvrage sur le temps.
    Les idées ne lui manquent pas, et venant de ce boulimique de l’écriture et grand curieux, à mon avis il écrira des Précis de mondialisation probablement jusqu’à sa mort !

    30 novembre 2012 à 15:59

    • Bonsoir Luche
      Et merci pour tes précisions. Je n’étais pas au courant des futurs écrits de Monsieur Orsenna.
      En attendant sa pentalogie et même hexalogie, si ce n’est plus, bonne continuation à Monsieur Orsenna.
      Cannibalement
      Clarice.

      30 novembre 2012 à 19:12

  3. Pingback: Erik Orsenna – Sur la route du papier | Daria blogue...de manière décalée

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