Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Petits bonheurs de l’édition de Bruno Migdal

Ex-étudiante en édition, j’ai eu moi aussi, à faire avec le fameux stage en édition. Vous savez, le stage de 3 mois, qui parfois se prolonge pendant 6 mois. Et même avec toutes les connaissances éditoriales du monde et 5 ans de stages, vous n’êtes jamais à la hauteur et c’est à peine si on vous accorde un entretien d’embauche… pour un autre stage. 

Bruno Migdal connait donc, lui aussi, le délice de cette exquise expérience. A 42 ans, ce monsieur reprend les études par amour pour la littérature lit-on sur la quatrième de couverture. Saluons au passage cet acte de bravoure, retourner user ses fonds de culotte sur les bancs de la fac à son âge. Il réussit à obtenir un stage, vraisemblablement de trois mois, dans une prestigieuse maison d’édition parisienne. J’aurai aimé connaître ses tuyaux, parce que pour avoir tapé à toutes les portes, je n’ai eu qu’une micro-maison d’édition jeunesse à qui j’ai servi de larbin. 

L’auteur nous dévoile, au détour d’une plume très littéraire, les chroniques de son stage. Il y est lecteur. C’est lui qui reçoit tous les manuscrits littéraires (environ 5 à 6 par jour), les lit (ou les survole quand le début du texte est mauvais), fait des fiches descriptives à destination de ses supérieurs (pourquoi ce livre doit être rejeté? Pourquoi celui-ci mérite une lecture plus approfondie?) et se charge d’écrire des lettres de refus. Apparemment, l’auteur y met tout son coeur pour éviter d’envoyer à l’écrivain en herbe, un « votre ouvrage ne correspond pas à la ligne éditoriale de notre maison ». Ca change!

Petits bonheurs de l’édition, journal d’un stage, reste un ouvrage anecdotique. Sympathique au demeurant, à l’image de l’auteur pour qui on s’attache, ce livre reste malheureusement un peu distant, un peu froid, comme la maison d’édition j’imagine. Une goutte d’eau dans le pavé éditorial. 

Petits bonheurs de l’édition, journal de stage, de Bruno Migdal
Editions de la Différence, 2012
9782729119560
 141p, 10€50

Un article de Clarice Darling.

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3 Réponses

  1. Sébastien Almira

    Je viens de le finir et de le chroniquer, j’ai bien aimé !

    25 avril 2012 à 20:44

  2. Merci Sébastien pour avoir signalé votre chronique. J’avais bien aimé également, notamment l’étonnant parcours de Bruno Migdal, des sciences aux lettres.
    Maintenant qu’il a publié son journal, aura-t-on le plaisir de lire un prochain Bruno Migdal? J’espère!
    Cannibalement
    Clarice.

    2 mai 2012 à 17:29

    • Sébastien Almira

      Surtout qu’il parle d’un roman qu’il a écrit, dans Petits bonheurs de l’édition !

      3 mai 2012 à 19:40

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