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À première vue : bilan final !

Bon, voilà, le tour d’horizon est, pour moi, à peu près terminé.
Rien ne dit que quelques surprises ne viendront pas perturber l’ordre des choses tel qu’il est établi ci-dessous. Néanmoins, dans l’ensemble, voici ce que je retiens de la rentrée littéraire 2020 – la liste de mes envies, en somme.
Comme les fois précédentes, elle est établie dans l’ordre de mes attentes, même si celui de mes lectures effectives sera sûrement différent au bout du compte – et que toutes ne seront pas lues…

À vous de faire votre marché désormais, en espérant que vous trouverez dans tout ceci de quoi vous réjouir, vous faire rêver, vous embarquer… tout ce qui constitue le plaisir du lecteur !


À première vue : récapitulatif 2020

En cette fin de quatrième semaine, je vous propose un petit outil qui pourrait s’avérer fort utile, si jamais vous cherchez à découvrir la rentrée d’un éditeur en particulier.

Vous trouverez donc ci-dessous la liste, dans l’ordre alphabétique, des éditeurs abordés cette année dans la rubrique « à première vue ». Pour en savoir plus sur leurs publications, il vous suffit de cliquer sur le nom qui vous intéresse.

Pour vous faciliter encore un peu plus la vie, je laisserai cet article épinglé en haut du blog durant quelque temps.

Actes Sud
Agullo
Albin Michel
Autrement
Aux Forges de Vulcain
Christian Bourgois
Delcourt
Fayard
Finitude
Flammarion
Gallimard
Gallmeister
Éditions du Globe
Grasset
Éditions de l’Iconoclaste
Julliard
Lattès
Liana Levi
Métailié
Éditions de Minuit
Éditions de l’Olivier
Le Passage
Philippe Rey
Plon
P.O.L.
Rivages
Éditions du Rouergue (la Brune)
Robert Laffont
Seuil
Stock
Sabine Wespieser
Verdier
Zoé
Zulma
Bonus :
Sonneur, Fosse aux Ours, Viviane Hamy, Tripode

(…et, si j’ai le courage de l’écrire, un article recensant les parutions d’éditeurs ne sortant qu’un seul livre, comme Viviane Hamy ou le Sonneur… Je vais essayer, promis !)


À première vue : deuxième bilan intermédiaire

Au terme de la troisième semaine de la rubrique, mise à jour en images (et toujours classées à peu près par ordre d’impatience) des attentes cannibales pour cette rentrée littéraire 2020 ! Il y a du changement par rapport à la semaine dernière – et il y en aura encore la semaine prochaine…


À première vue : la rentrée Agullo 2020

logo agullp


Intérêt global :

joyeux


Voici encore une maison qui a follement du caractère. Une petit éditeur qui se distingue par sa charte graphique à la fois radicale et visible, par sa volonté d’aller chercher des textes originaux aux quatre coins du monde, notamment dans des pays d’Europe peu traduits chez nous, par l’exigence de ses choix et par son amour absolu pour ses textes et ses auteurs.
Ces derniers temps, Agullo a rencontré succès et considération, grâce à Frédéric Paulin et sa formidable trilogie polar sur la montée des extrémismes dans le monde, ainsi que grâce au romancier italien Valerio Varesi, qui œuvre lui aussi dans le genre policier.
À l’occasion des quatre ans de leur maison, Nadège Agullo, Sébastien Wespiser, Estelle Flory et Sean Habig choisissent un nouveau défi : lancer dans la rentrée littéraire leur premier auteur français. Qui sera d’ailleurs une auteure. Un pari à suivre de très près.


Astrid Monet - Soleil de cendresSoleil de cendres, d’Astrid Monet

Trois jours à Berlin. Ces trois jours s’annonçaient déjà délicats pour Marika, qui venait présenter pour la première fois son fils Solal, sept ans, à son père Thomas, un dramaturge allemand qu’elle avait quitté brutalement juste après la naissance du garçon. Mais la situation devient aussi dangereuse que tragique lorsqu’un volcan se réveille dans l’ouest de l’Allemagne, qui recouvre Berlin d’une nuée de cendres noires en quelques heures, puis lorsqu’un tremblement de terre coupe la ville en deux. Dans ce paysage apocalyptique, Marika part à la recherche de Solal et Thomas…
Après plusieurs recueils de nouvelles, c’est le deuxième roman d’Astrid Monet, et donc le premier publié chez Agullo.

Osvalds Zebris - A l'ombre de la Butte-aux-CoqsÀ l’ombre de la Butte-aux-Coqs, d’Osvalds Zebris
(traduit du letton par Nicolas Auzanneau)

Riga, 1905. Alors que l’empire du tsar russe s’effondre un peu plus à chaque nouvelle émeute, un ancien maître d’école s’engage dans la révolution en ignorant ce que cette initiative lui coûtera. L’année suivante, lorsque trois enfants sont enlevés, la ville entre en ébullition.


BILAN


Lecture certaine :
Soleil de cendres, d’Astrid Monet

Lecture potentielle :
À l’ombre de la Butte-aux-Coqs, d’Osvalds Zebris


L’Installation de la peur, de Rui Zink

Signé Bookfalo Kill

Coups de sonnette insistants à la porte. Surprise dans le plus simple appareil, la femme qui se trouve dans l’appartement enjoint son enfant de se cacher dans la salle de bains, enfile en hâte une robe de chambre, puis va ouvrir. Sur le seuil, deux hommes, l’un en costume, l’autre en bleu de travail. Ils annoncent que, conformément aux directives du gouvernement, ils viennent procéder à l’installation de la peur.
Bien obligée de les laisser entrer, la femme doit alors subir un processus effarant, durant lequel les deux hommes dressent le tableau effroyable des maux de notre temps. De quoi trembler, en effet… mais la peur n’a-t-elle pas toujours des visages inattendus ?

zink-linstallation-de-la-peurC’est l’histoire d’une bonne idée, hélas pas totalement aboutie à mon goût. D’un style sec et précis, sans fioriture, Rui Zink campe rapidement le décor de ce qui sera un huis clos à vocation anxiogène. Une femme sans défense, un enfant caché et deux hommes, l’un brillant, l’autre au physique de brute. Et un sujet : la peur. Sous toutes ses formes, puisqu’il va autant être question de peurs intimes (la peur de l’atteinte physique, du viol par exemple) que de terreurs plus vastes, celles qui, selon l’auteur, régissent nos existences : les marchés, le capitalisme, le terrorisme, les virus mondiaux…

L’idée est bonne, donc ; le résultat un peu moins, car le huis clos très statique conçu par Rui Zink impose au texte une abondance de dialogues qui finissent par rendre le roman beaucoup trop bavard. Si le numéro de duettistes des deux hommes s’avère amusant au début, et le propos intéressant, le processus ne se renouvelant pas lasse rapidement. Cela ferait à coup sûr une excellente pièce de théâtre – et encore, en élaguant un peu ; à lire sous forme romanesque, c’est assez vite fastidieux.
L’Installation de la peur est donc hélas plus assommant qu’effrayant… Heureusement, une excellente fin surgit par surprise, entraînant l’intrigue dans une direction inattendue qui permet de se dire qu’on a été récompensé de tenir jusqu’au bout.

En résumé, un petit conseil : voici un texte dont on peut se contenter de lire les soixante premières pages et les trente dernières pour en apprécier l’intelligence. Vous aurez ainsi le sel d’un roman original et pertinent, et gagné un peu de temps pour lire d’autres livres !

L’Installation de la peur, de Rui Zink
(A Instalaçao do medo, traduit du portugais par Maïra Muchnik)
Éditions Agullo, 2016
ISBN 979-10-95718-06-2
176 p., 17,50€