Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

La Madone de Notre-Dame, d’Alexis Ragougneau

Signé Bookfalo Kill

Pétrifiée dans une posture de prière, telle est cette mystérieuse jeune femme en blanc dont on retrouve le cadavre en plein coeur de Notre-Dame de Paris, le lendemain du 15 août et des grandes célébrations de l’Assomption. Assassinée, sans aucun doute : les marques de strangulation sur son cou et, pire, le fait que son vagin ait été bouché à la cire, sont sans équivoque.
Chargés de l’enquête, le commandant Landard, son adjoint Gombrowicz et Claire Kauffmann, substitut du procureur, doivent plonger dans les secrets de la vénérable cathédrale parisienne…

Ragougneau - La Madone de Notre-DameLes premiers romans débarquent en force pour cette rentrée d’hiver 2014, dont cette Madone de Notre-Dame qui, pour être honnête, ne figurera pas parmi mes inoubliables, en dépit de qualités prometteuses pour la suite.
Le plus intéressant tient à la connaissance qu’a Alexis Ragougneau de la vie et de certains aspects méconnus de la cathédrale. Il nous guide donc avec aisance dans les coulisses de Notre-Dame, faisant du célèbre monument un personnage à part entière du roman, avec ses rites, ses décors somptueux et son étrange faune, mélange improbable de fidèles plus ou moins nombreux, de touristes plus ou moins respectueux et d’habitués plus ou moins allumés.

Dans ces conditions, pas étonnant de voir l’enquête passer rapidement entre les mains du père Kern, un prêtre y officiant, et évoluer vers des problématiques plus morales que policières et judiciaires – et du même coup, de constater que l’intrigue fait rapidement long feu. De ce fait, le roman souffre d’une construction un peu bancale, hésitant entre la piste policière classique (avec des personnages de flics bien esquissés, mais au final pas assez exploités, surtout l’ignoble Landard) et une voie psychologique teintée de mysticisme qui tourne vite en rond.

En ce sens, la Madone de Notre-Dame est bien un polar estampillé Viviane Hamy, dont les auteurs affiliés au genre – au premier rang desquels Fred Vargas et Dominique Sylvain – font souvent preuve d’un mépris joyeusement assumé pour les procédures, au bénéfice de personnages forts et originaux, de dialogues inspirés et de situations inattendues qui font le sel de leurs œuvres.
Un parti pris vers lequel tend Alexis Ragougneau, sans m’avoir tout à fait convaincu, hélas. Néanmoins, la belle plume de ce dramaturge et l’originalité de son premier roman, ainsi que de bons passages (notamment amusants, même s’ils sont trop rares), me donnent envie de prendre rendez-vous pour la suite.

La Madone de Notre-Dame, d’Alexis Ragougneau
Éditions Viviane Hamy, 2014
ISBN 978-2-87858-591-9
202 p., 17€

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