Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Dictionnaire Spielberg, de Clément Safra

Signé Bookfalo Kill

Agé de 24 ans, récemment diplômé de l’Université Paris VII en études cinématographiques, Clément Safra va marquer d’emblée l’esprit des cinéphiles en publiant un Dictionnaire Spielberg tout à fait remarquable, au moment même où le réalisateur américain révolutionne le cinéma d’animation avec un Tintin en images de synthèse tout simplement bluffant.

Sous forme d’entrées encyclopédiques, le jeune auteur parcourt en détail l’oeuvre de l’un des cinéastes majeurs de notre époque. S’il sait se faire critique (voir par exemple les articles « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » ou « Le Monde Perdu : Jurassic Park »), on sent qu’on a affaire à un véritable passionné du travail de Steven Spielberg.
Fan, certes, mais tout à fait capable d’analyser les motifs de son intérêt pour le réalisateur américain. Loin de se cantonner à ce que de nombreux exégètes ont déjà fort bien expliqué dans de précédents essais, Safra avance de nouvelles pistes et pousse au maximum des réflexions aussi passionnantes qu’accessibles. La lecture de l’entrée « Jurassic Park » en surprendra ainsi sûrement plein d’un…

Outre des articles consacrés à chacun des films du cinéaste, on trouve dans ce dictionnaire des entrées sur les acteurs ayant travaillé sous les ordres de Spielberg, d’autres sur ses influences (David Lean, Alfred Hitchcock…) ou ses collaborateurs – fidèles, comme le compositeur John Williams ou le monteur Michael Kahn, réguliers comme George Lucas, ou occasionnels comme Quincy Jones.
Plus intéressant encore, les entrées thématiques dégagent les nombreuses lignes de force du travail de Spielberg. De E comme « Enfant », »Eau » ou « Effets Spéciaux » à L comme « Lumière », « Lune » ou « Langage », en passant par le H de « Histoire », le F de « Femmes, le Q de « Quotidien » ou le S de « Shoah », Safra démontre avec méthode que le réalisateur est à la tête d’une véritable oeuvre, consistante, construite, savant mélange d’exigence et d’ouverture au grand public.

Le livre comporte en outre un livret central de photographies, qui permet de mettre en relief certaines obsessions visuelles de Spielberg – les machines, les figures circulaires, sa manière de filmer les visages ou les regards, son travail sur la lumière « blanche » ou « divine », cet aura lumineux en contre-jour qui constitue l’une de ses signatures les plus célèbres…

Bref, Clément Safra livre une étude complète, intelligente et intelligible pour n’importe quel lecteur – pas la peine de lire les Cahiers du Cinéma ou de sortir d’une école de cinéma pour comprendre ce dont il est question ici. De quoi satisfaire les connaisseurs de Spielberg, aussi bien que les « novices » désireux de découvrir une filmographie beaucoup plus complexe que ce que les détracteurs du papa d’E.T. voudraient continuer à faire croire.

Dictionnaire Spielberg, de Clément Safra
Editions Vendémiaire, 2011
ISBN 978-2-363-58010-8
359 p., 25€

On en parle aussi ici : Ecran large, Steven Spielberg Collection (blog)

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