Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Double hélice, de Kleinmann & Vinson

 Signé Bookfalo Kill

Les Editions du Masque aiment les auteurs qui n’ont peur de rien. Notamment quand ils sont français et qu’ils écrivent à quatre mains.
Après l’excellentissme duo Bretin & Bonzon (on en reparlera, vous pouvez me faire confiance), voici donc Kleinmann & Vinson, à la tête d’un deuxième roman, Double Hélice, que les limites de la raison n’arrêtent pas.

Voyez plutôt : en 2018, Samuel Lenostre, étudiant en biotechnologie, se voit remettre un étrange manuscrit intitulé Voyage à Gênes. Détail improbable : le texte s’apparente à un témoignage de Joshua Lenostre, son père évaporé par une nuit d’orage onze ans plus tôt ; comme si celui-ci, à la suite de sa mystérieuse disparition, avait été projeté au XVIe siècle !
Tandis que quelqu’un, dans l’ombre, s’acharne également à retrouver la trace de Joshua Lenostre, sans reculer devant la violence pour arriver à ses fins, Samuel essaie de comprendre le sens véritable de ce manuscrit. Ce dernier est-il un canular ? Ou bien est-il véridique ? A moins qu’il ne s’agisse d’une sorte de récit codé, permettant de reprendre les recherches secrètes et révolutionnaires de son père sur le cancer et qu’il semblait sur le point de mener à bien…

Pour apprécier Double hélice à sa juste valeur, ne le traitez pas comme un roman de science-fiction. L’idée du voyage dans le temps n’est qu’un prétexte à construire un polar à la fois historique et scientifique.
Le roman alterne entre l’enquête de Samuel et les chapitres successifs de Voyage à Gênes – ces derniers constituant, pour moi, la partie la plus intéressante du récit. Hyper documenté, il s’agit d’un véritable voyage à travers le XVIe siècle au cours duquel Joshua, tout en s’efforçant d’améliorer les conditions d’hygiène et de soins déplorables de l’époque grâce à ses connaissances modernes, rencontre Rabelais, Catherine de Médicis, Leonard de Vinci ou Ambroise Paré.

Chaque chapitre du Voyage est passionnant, plus finalement que l’enquête policière “contemporaine”, même si celle-ci est suffisamment bien rythmée pour garder le lecteur en haleine. Comme chez Michael Crichton, maître du genre auquel on est obligé de penser ici (notamment Prisonniers du temps, qui envoyait des scientifiques de notre époque au Moyen Age), la partie scientifique de l’intrigue est vulgarisée, même si certains développements sur l’ADN pourront perdre quelques lecteurs en route. Ayant arrêté les maths en CP, j’avoue avoir eu du mal à suivre parfois.

Mais rien de grave au bout du compte, et surtout rien qui empêche de comprendre et de prendre plaisir à ce roman original, bien plus ambitieux que la moyenne par son sujet et son traitement. Rien que pour cela, tentez l’aventure Kleinmann & Vinson !

Double hélice, de Philippe Kleinmann et Sigolène Vinson
Editions du Masque, 2011
ISBN 978-2-702-43580-9
412 p., 17,50€

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