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Dark Vador et fils / Dark Vador et sa petite princesse, de Jeffrey Brown

Signé Bookfalo Kill

Brown - Vador et filsStar Wars n’en finit plus d’inspirer les hommages et les parodies en tous genres, preuve s’il en est encore besoin que George Lucas a créé avec sa galaxie cinématographique une véritable mythologie des temps modernes.

Dans la catégorie humour, Jeffrey Brown joue la carte inattendue de la tendresse, de la finesse et de la légèreté, en imaginant Dark Vador confronté à ses enfants… Comme dans les films, certes, sauf que là, Luke et Leia sont des bambins et qu’il doit les élever. Il en résulte un mélange de références à l’univers Star Wars parfaitement maîtrisées et de saynètes du quotidien, généralement tenues en une case ou une page.
Le décalage humoristique tient évidemment dans le fait de voir le terrible seigneur Sith essayer d’assumer son rôle de terreur de l’univers, tout en assurant l’éducation de ses enfants, comme n’importe quel papa normal.

Brown - Vador et sa petite princesseSéance de dessins avec fiston, heurt avec Leia adolescente qu’il ne veut pas voir sortir avec ses amis en tenue affriolante (le même costume que celui porté, de force, par la princesse au début du Retour du Jedi, lorsqu’elle est prisonnière de Jabba !!!), entrevues avec l’Empereur interrompues par Luke, embarras des acolytes de Vador lorsque celui-ci leur demande de jouer les baby-sitters… Jeffrey Brown ne manque pas d’idées et les exploite joliment, tout en glissant de nombreuses allusions à des moments célèbres des films qui enchanteront les fans. Pas de quoi se taper les cuisses en hurlant de rire, ce n’est pas le but, mais la plupart des scènes qu’il imagine touchent juste et font sourire.

Un chouette cadeau original pour la fête des Pères qui approche, tiens. Ou pour se faire plaisir gentiment en retrouvant un univers que l’on aime toujours, en dépit de toutes les avanies que George Lucas lui a fait subir ces dernières années.

Dark Vador & fils
  Éditions Huginn & Munnin, 2012
ISBN 978-2-36480-029-8
40 p., 9,90€

Vador et sa petite princesse
  Éditions Huginn & Munnin, 2013
ISBN 978-2-36480-105-9
60 p., 9,90€


Mais qui veut la peau des ours nains ?, d’Emile Bravo

Signé Bookfalo Kill

J’ai déjà eu le plaisir de vous le dire ICI (et aussi ), Émile Bravo fait des bandes dessinées pour les enfants et il les fait bien. Destinée à de très jeunes lecteurs (à partir de 7 ans, voire avant pour les bons lecteurs dès le CP), la saga des ours nains est une autre preuve de son talent. Avec l’humour et l’intelligence qui le caractérise, Bravo y recycle de nombreux contes célèbres, dont il nourrit les intrigues de ses albums pour en tirer une histoire originale.

Par exemple, dans Mais qui veut la peau des ours nains ?, quatrième opus de la série, les sept ours nains sont tellement hypnotisés par la « boîte magique » (la télévision, qu’ils ont découverte dans l’épisode précédent) qu’ils en oublient de faire quoi que ce soit, surtout d’aller chercher à manger dans la forêt. Du coup, Blanche-Neige, qui vit avec eux, en a marre de faire la bonniche, et décide d’aller voir ailleurs si le Prince Charmant y est.
Un peu plus loin, on croise Peau d’Âne, Barbe Bleue, le Loup et l’un des trois petits cochons, les animaux musiciens de Brême, et même le Diable… Tous, personnages, références et ingrédients, sont ensuite passés à la moulinette irrévérencieuse d’Émile Bravo, dans une histoire vive et hilarante. On ne s’en lasse pas !

A partir de 6-7 ans (avec décodeur parental pour comprendre les références, éventuellement…)

Mais qui veut la peau des ours nains ?, d’Émile Bravo
Éditions du Seuil Jeunesse, 2012
ISBN  978-2-02-102082-3
40 p., 12€


Microfilms, de Julien d’Abrigeon

Signé Bookfalo Kill

Voilà une chouette idée : dans Microfilms, Julien d’Abrigeon s’amuse à imaginer cinq cents pitchs compilant actualité politique, people et références cinématographiques ou télévisuelles connues. Le résultat est un mélange loufoque, gentiment drôle ou moqueur, qui dénote un sens de l’observation aigu et un esprit habile à manier de solides connaissances en matière de cinéma.
J’aime particulièrement ses gimmicks, notamment sur Bambi :

Rambi III
Le jeune faon, devenu un cerf puissant et musclé, décide de venger la mort de sa mère. Il monte une armée d’animaux surentraînés prêts pour un combat qui s’annonce sanglant.

auquel répond une page plus loin :

Bambo
Un cerf qui s’est bien battu revient dans sa forêt. Mais il a du mal à se réadapter à la vie normale et un dérapage sur la glace le fait vite déraper.

D’autres exemples que j’aime bien :

Chanter droit
Fils de Fernand et Jackie, le petit Michel repasse ses leçons en chantant et, par conséquent, rate lamentablement son brevet des collèges. Jackie, sa maman, lui explique : « C’est la faute de ces connards de gauchistes de feignants de profs de merde, mon canard ! » Michel fait la gueule et décide de se lancer dans la chanson engagée…

Des pales dans le sable
La performance de Clovis Cornillac est saisissante dans ce biopic de Daniel Balavoine.

Bien sûr, sur cinq cents scénarii, tout n’est pas toujours réussi ni très subtil. Puis cela finit vite par devenir répétitif et lassant si l’on s’y plonge plus de dix minutes. A coup sûr, c’est un livre dans lequel picorer, de temps à autre, pour le plaisir d’un petit sourire.

En revanche, gros reproche au sujet du prix : 12€ pour un livre de 108 pages qui tient à l’aise dans une poche arrière de jeans, c’est carrément trop, et sans doute injustifié d’un point de vue éditorial. Entre 5 et 8€, je l’aurais bien distribué autour de moi, en petit cadeau clin d’oeil pour Noël – mais à ce tarif, hors de question ! Dommage…

Microfilms, de Julien d’Abrigeon
Editions Léo Scheer, collection Laureli, 2011
ISBN 978-2-7561-0357-0
108 p., 12€