Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

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A première vue : la rentrée littéraire Albin Michel 2014

A tout seigneur tout honneur, nous ouvrons le bal des présentations de la rentrée littéraire 2014 avec l’éditeur qui a remporté le Prix Goncourt l’année dernière – pour notre plus grande joie car nous avions adoré Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre.
Comme chaque année, Albin Michel revient avec un mélange intéressant de grands romans populaires et d’œuvres plus intimistes, dont se distingue un premier roman très prometteur.

Roux - Le Bonheur national brutLA FRESQUE ALBIN MICHEL : Le Bonheur national brut, de François Roux
Cela pourrait presque devenir un genre en soi. Après Le Club des incorrigibles optimistes et La Vie rêvée d’Ernesto G. de Jean-Michel Guenassia, ou Les fidélités successives de Nicolas d’Estienne d’Orves, voici Le Bonheur national brut, premier roman de François Roux qui raconte, à travers le destin de quatre amis, la France des années 80 à nos jours. Trente ans d’histoire récente, des destins passionnants et exemplaires, un style affûté, tous les ingrédients sont là pour faire de ce gros livre un franc succès. En d’autres termes, on en attend beaucoup.

Nothomb -Pétronille (pt format)L’INCONTOURNABLE : Pétronille, d’Amélie Nothomb (lu)
Un titre et un prénom d’héroïne improbables, une histoire d’amitié possessive et complexe, du Champagne qui coule à flot, Amélie qui se met en scène au fil de 169 pages vite dévorées, c’est du Nothomb en puissance. Sans surprise, mais avec son humour et ses dialogues ciselés, c’est plutôt un bon cru.

VOYAGES :
L’Enfant des marges, de Franck Pavloff : direction Barcelone, dans les pas de Ioan, photographe de renom qui vit reclus dans les Cévennes depuis la mort de son fils en mer, et qui sort de sa retraite pour tenter de retrouver son petit-fils disparu dans la capitale catalane.
Barcelone est un décor romanesque par excellence, et l’histoire est en partie autobiographique. Cela pourrait donner un beau livre, par l’auteur de Matin Brun.
La Belle de l’étoile, de Nadia Galy : après le suicide de son amant, une femme part s’installer à Saint-Pierre-et-Miquelon, au climat rude mais aux habitants bienveillants. Elle y relit la correspondance de son homme disparu et y répond tout en se confrontant à la nature belle mais sauvage de l’île.
Le cadre original du roman est pour beaucoup dans la curiosité qu’il suscite. A voir.

SOCIÉTÉ :
Madame Diogène, d’Aurélien Delsaux : le syndrome de Diogène est une pathologie consistant à tout accumuler chez soi, à ne jamais rien jeter. Héroïne de ce premier roman, une vieille dame en est atteinte et se replie chez elle, malgré les gens, proches ou services sociaux, qui tentent de l’approcher.
Jeancourt-Galignani - L'AudienceL’Audience, d’Oriane Jeancourt-Galignani (lu) : au Texas, un professeur ne peut avoir de relations sexuelles avec ses élèves, même si ces derniers sont majeurs et consentants. Pour avoir couché avec quatre garçons de sa classe de mathématiques, Deborah Aunus est arrêtée et jugée. Les quatre jours de son procès sont l’occasion de voir défiler proches, témoins, victimes supposées, autant que d’interroger les paradoxes d’une société américaine à la fois puritaine et voyeuse.
Projet ambitieux, mais roman pas tout à fait à la hauteur. De qualité, mais pas saisissant, faute d’élever le débat comme son sujet le promettait.

HUIS CLOS : Madame, de Jean-Marie Chevrier
Une veuve aristocrate vit seule et s’attache au fils de ses fermiers, Guillaume, qu’elle a rebaptisé Willy. Elle souhaite en faire son héritier, malgré la jalousie instinctive de ses parents. Elle a perdu son fils quatorze ans plus tôt, le jour de la naissance de Willy. La date anniversaire approche et un drame se prépare…

Estienne d'Orves - La DévorationINCLASSABLE : La Dévoration, de Nicolas d’Estienne d’Orves
Comment mieux définir ce romancier que par ce qualificatif ? Capable de changer de genre comme de chemise, pas toujours convaincant, il nous avait surpris et épatés avec ses Fidélités successives. Il revient avec un roman radicalement différent, dans lequel un romancier, pressé par son éditrice de quitter son registre habituel, se passionne pour l’histoire d’un cannibale humain ayant tué et mangé sa petite amie. Voulant en faire le sujet de son prochain livre, il entreprend de se mettre dans la tête du meurtrier cannibale. Un périple potentiellement dangereux…


A première vue : la rentrée littéraire de l’Olivier 2013

A part quand elle publie des pointures internationales comme Jonathan Franzen ou Jonathan Safran Foer, ce n’est pas forcément la maison la plus médiatique en France ; pourtant les éditions de l’Olivier dénichent régulièrement d’excellents auteurs, publient de très bons livres et ont les faveurs des libraires pour leur travail authentique et constant. Ils se joignent à la rentrée 2013 avec une sélection réduite de quatre romans français et trois étrangers (parmi lesquels Canada, de Richard Ford, devrait attirer l’attention de la presse).

Ovaldé - La grâce des brigandsLA PLUS ATTENDUE : La Grâce des brigands, de Véronique Ovaldé
Les livres singuliers de Véronique Ovaldé ont rencontré leur public depuis longtemps. Elle revient avec un roman « américain » centré sur Maria Cristina Väätonen, une jeune femme qui a fui sa famille et son grand Nord originel pour s’installer à Los Angeles. Elle s’y impose comme écrivain à succès et devenir l’amante de Rafael Claramund, gloire des lettres et dandy ombrageux en attente de Prix Nobel. Mais le passé la rattrape après un coup de fil de sa mère…
Un beau portrait de femme, une histoire de famille ténébreuse et un livre sur la littérature. Entre autres.

INSULAIRE : Les eaux territoriales, d’Eugène Nicole
Natif de Saint-Pierre-et-Miquelon, Eugène Nicole a déjà placé ce minuscule archipel français perdu dans l’Atlantique au coeur de son immense fresque autobiographique, L’œuvre des mers (950 pages !) Il y retourne à la suite d’un arbitrage judiciaire international qui restreint les eaux territoriales et le droit de pêche de Saint-Pierre au profit du Canada, et poursuit sa réflexion personnelle et romanesque.

BLABLA SENTIMENTAL : L’Accomplissement de l’amour, d’Eva Almassy
Femme mariée qui s’ennuie dans son couple, Béatrice aime d’un amour virtuel un homme mystérieux. Elle décide de le rencontrer.
Elle ira sans nous.

NOUVELLES : On a eu du mal, de Jérémie Gindre
Cinq textes courts qui mettent en scène des personnages à un moment délicat de leur vie, confrontés à la force des émotions qui en découlent.
Par curiosité peut-être, pourquoi pas.