Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

A première vue : la rentrée littéraire de l’Olivier 2013

A part quand elle publie des pointures internationales comme Jonathan Franzen ou Jonathan Safran Foer, ce n’est pas forcément la maison la plus médiatique en France ; pourtant les éditions de l’Olivier dénichent régulièrement d’excellents auteurs, publient de très bons livres et ont les faveurs des libraires pour leur travail authentique et constant. Ils se joignent à la rentrée 2013 avec une sélection réduite de quatre romans français et trois étrangers (parmi lesquels Canada, de Richard Ford, devrait attirer l’attention de la presse).

Ovaldé - La grâce des brigandsLA PLUS ATTENDUE : La Grâce des brigands, de Véronique Ovaldé
Les livres singuliers de Véronique Ovaldé ont rencontré leur public depuis longtemps. Elle revient avec un roman « américain » centré sur Maria Cristina Väätonen, une jeune femme qui a fui sa famille et son grand Nord originel pour s’installer à Los Angeles. Elle s’y impose comme écrivain à succès et devenir l’amante de Rafael Claramund, gloire des lettres et dandy ombrageux en attente de Prix Nobel. Mais le passé la rattrape après un coup de fil de sa mère…
Un beau portrait de femme, une histoire de famille ténébreuse et un livre sur la littérature. Entre autres.

INSULAIRE : Les eaux territoriales, d’Eugène Nicole
Natif de Saint-Pierre-et-Miquelon, Eugène Nicole a déjà placé ce minuscule archipel français perdu dans l’Atlantique au coeur de son immense fresque autobiographique, L’œuvre des mers (950 pages !) Il y retourne à la suite d’un arbitrage judiciaire international qui restreint les eaux territoriales et le droit de pêche de Saint-Pierre au profit du Canada, et poursuit sa réflexion personnelle et romanesque.

BLABLA SENTIMENTAL : L’Accomplissement de l’amour, d’Eva Almassy
Femme mariée qui s’ennuie dans son couple, Béatrice aime d’un amour virtuel un homme mystérieux. Elle décide de le rencontrer.
Elle ira sans nous.

NOUVELLES : On a eu du mal, de Jérémie Gindre
Cinq textes courts qui mettent en scène des personnages à un moment délicat de leur vie, confrontés à la force des émotions qui en découlent.
Par curiosité peut-être, pourquoi pas.

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4 Réponses

  1. Si vous disiez encore « Blabla intellectuel » ! Mais sentimental ? C’est tromper ceux qui vous lisent. Ancienne critique littéraire (entre autres), j’ai pu dire mes détestations, mes rejets, trop violemment parfois (un roman de Modiano, je me souviens, m’a valu un mois de placard à France Culture), mais m’arrêter à un titre, une 4e de couverture, un résumé, jamais, j’ai appris à lire « contre mon camp » (et mon goût personnel, qui va au grand style, aux phrases imprévisibles qui vous mènent loin de leur point de départ et même de leur thématique), enfin voilà, trop difficile, trop abstraite, trop référencée, ou alors trop peu tout ce que vous voudrez, c’est bien votre droit de me cataloguer, mais « trop sentimentale », non, c’est impossible, il y a erreur, ce n’est pas moi. Et ce n’est peut-être pas vous non plus, puisque vous ne signez même pas vos jugements. (Que je suis venue voir pour une raison : L’Accomplissement de l’amour est mon come back au roman après tant de temps, un petit bateau en papier lâché sur la houle de la rentrée, surnagera-t-il, coulera-t-il, vous savez, ça ne lui enlèvera pas ses qualités de pensée.)

    6 août 2013 à 18:11

    • Chère Eva,

      Oui, vous avez raison, c’est un jugement sur le titre et le résumé. Jugement donc à l’emporte-pièce, à première vue (c’est d’ailleurs le titre de la chronique), avec tout ce que cela comporte de subjectivité primaire et, disons-le tout net, de mauvaise foi. C’est que, vous ne l’ignorez sans doute pas, la rentrée littéraire est une déferlante, une avalanche plus de 500 titres impossibles à tous lire, ni même à tous examiner d’un peu près. Alors on trie, en fonction de ses goûts, de ses affinités et de ses a priori. C’est ainsi que fonctionnent mes présentations de rentrée littéraire, et je l’assume.

      Quant au fait de ne pas signer, il est toujours étonnant de constater que les auteurs auxquels j’adresse des éloges se préoccupent peu de savoir qui se cache sous le pseudonyme de Bookfalo Kill – pseudonyme créé au départ par jeu, au moment où ma camarade Clarice Darling et moi avons décidé de nommer notre blog « Cannibales Lecteurs », en référence bien sûr au Silence des agneaux de Thomas Harris. Pour tout vous dire, ce relatif anonymat me permet surtout de garder une distance avec mon travail, puisque je suis libraire, et que ce blog n’est pas celui du libraire mais celui d’un lecteur indépendant et désireux de garder sa liberté d’expression.
      Si je signais de mon véritable nom, les auteurs satisfaits continueraient à me le faire savoir, les mécontents continueraient à venir discuter ou se défendre ici, ce qui est de bonne guerre et ne me dérange pas, bien au contraire ; mais j’aurais aussi sans doute à subir les foudres beaucoup moins honnêtes d’éditeurs toujours heureux qu’on dise du bien du bien des livres qu’ils publient, mais tout aussi prêts à prendre la mouche dès qu’on critique l’un de leurs poulains. Tous les éditeurs ne réagissent pas forcément mal, et je peux comprendre leur volonté de défendre leurs publications, mais j’ai déjà pu constater des comportements tellement déplacés, des mesures de rétorsion nuisibles à la qualité de notre travail, que je préfère m’en tenir à cette précaution d’anonymat.

      Cependant, puisque vous avez eu le courage de venir défendre ici votre roman, je m’engage ici même à le lire, et à publier ensuite une chronique, qui sera bonne, mitigée ou mauvaise, mais en toute connaissance de cause ; et je resterai bien sûr ouvert à la discussion, comme j’espère que vous le serez également.
      Je vous donne donc rendez-vous d’ici quelques semaines, prêt à battre ma coulpe ou à confirmer mon préjugé, avec des arguments précis et détaillés.

      Cannibalement,
      B.K.

      9 août 2013 à 17:20

  2. Bonjour, entre-temps, je vous ai même retrouvés sur Facebook, et j’aime bien les jeux de mots, et j’aime aussi le film auquel votre nom fait référence, je l’ai vu je ne sais combien de fois mais enfin, il me fait toujours aussi peur !

    18 août 2013 à 05:21

    • Dans ce cas, vous êtes plus courageuse que moi, je ne l’ai vu qu’une fois et cela m’a suffi !!! Je préfère relire le roman, qui est largement assez flippant comme ça…

      18 août 2013 à 09:40

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