Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

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A première vue : la rentrée Seuil 2017

Avec neuf romans annoncés, dont trois étrangers (et demi, si on compte Charif Majdalani), les éditions du Seuil font partie des grosses écuries relativement raisonnables de cette rentrée littéraire 2017. En alignant seulement deux premiers romans, elles s’appuient davantage sur les valeurs sûres de la maison, tout en accompagnant avec sérieux des auteurs ayant déjà commencé à faire leurs preuves. Bref, c’est une rentrée pro, qui contient son petit lot de séduction potentielle. Et une nouveauté de l’immense Ron Rash, ce qui suffirait à rendre indulgent pour tout le reste.

Rash par le vent pleure.inddSUMMER OF LOVE : Par le vent pleuré, de Ron Rash (lu)
(traduit de l’américain par Isabelle Reinharez)
Si vous ne connaissez pas encore Ron Rash, conseil d’ami, ne tardez plus à découvrir son œuvre. Pour moi, c’est l’un des plus grands auteurs américains contemporains, tout simplement. Et il le prouve à nouveau avec ce nouveau titre (qui en français n’a rien à voir avec le sobre The Risen original), alors même que l’on pourrait croire l’histoire déjà lue. Tout tient à son écriture, minérale, fine, et à la dextérité avec laquelle il campe les mentalités et les errements de ses personnages, au fil d’une narration impeccablement maîtrisée.
Tout commence lorsque la rivière qui borde une petite ville tranquille des Appalaches rend les restes de Ligeia, une jeune fille disparue depuis plus de quarante ans. Cet événement macabre résonne particulièrement dans la vie de Bill et Eugene, deux frères qui ont frayé dangereusement avec Ligeia durant l’été 1969. A l’époque, alors adolescents, ils avaient découvert à son contact sulfureux les vertiges du « Summer of Love », dont ils étaient d’autant plus éloignés qu’ils vivaient alors sous la coupe de leur grand-père, médecin tyrannique qui régnait en maître ombrageux sur leur ville…

Norris - Ce qu'on entend quand on écoute chanter les rivièresCOLLISION : Ce qu’on entend quand on écoute chanter les rivières, de Barney Norris
(traduit de l’anglais par Karine Lalechère)
A croire que les traducteurs du Seuil se sont donné le mot cette année pour pondre des titres alambiqués… Cela dit, l’original n’était pas mal non plus : Five Rivers Met on a Wooded Plain – mais avait le mérite de se raccrocher à l’histoire. Soit le destin de cinq personnages sans rapport les uns avec les autres, qui va changer en raison d’un accident de voiture se produisant à Salisbury, non loin de la célèbre cathédrale. Cinq personnages, évoquant les cinq rivières qui se rejoignaient jadis à l’endroit où se dresse aujourd’hui la ville… Bref, la vie n’est pas un long fleuve tranquille, comme dirait l’autre.

Vasquez - Le Corps des ruinesMYTHO : Le Corps des ruines, de Juan Gabriel Vasquez
(traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon)
Lors d’une soirée, l’auteur rencontre Carlos Carballo, qui l’entretient avec passion de différents crimes commis contre des personnalités politiques, en brandissant le spectre de la théorie du complot pour dénoncer ce qu’il affirme être des mensonges d’État. D’abord ulcéré par le personnage, Vasquez cède pourtant bientôt à la curiosité – et si Carballo était un personnage de roman rêvé ? C’est le début d’une plongée en eaux troubles au cours de laquelle le romancier, aspiré par son sujet, frôle la noyade… A l’image d’autres grands écrivains espagnols (Javier Cercas, Antonio Munoz Molina), Vasquez mêle fiction, enquête, histoire et réflexion sur l’écriture.

Majdalani - L'Empereur à piedTHE TREE OF LIFE : L’Empereur à pied, de Charif Majdalani
Auteur libanais de langue française, Charif Majdalani a rencontré un beau succès avec son précédent roman, Villa des femmes. Du côté du Seuil, on espère donc une confirmation grâce à cette épopée familiale qui commence au XIXème siècle, dans les montagnes du Liban, où apparaît un homme venu fonder là son domaine et sa filiation. Surnommé l’Empereur à pied, il impose à sa descendance une règle drastique : un seul par génération sera autorisé à se marier et à avoir des enfants ; ses frères et sœurs, s’il en a, seront simplement appelés à l’assister dans la gestion des biens familiaux. Entre respect de l’interdit et exercice du libre arbitre, les pousses de l’arbre généalogique arpentent le monde, jusqu’à ce que le dernier héritier revienne au Liban à l’orée du XXIème siècle pour se confronter définitivement à son lourd passé.

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Deville - Taba-TabaHEXAGONE : Taba-Taba, de Patrick Deville
Grand nom de l’exofiction, genre hybride qui transforme le réel et l’Histoire en matière littéraire, Patrick Deville a fait de la planète son terrain de jeu. Cette fois, c’est pourtant la France qu’il arpente, entre ses frontières bien sûr, mais aussi – on ne se refait pas – dans le monde entier, en suivant notamment les politiques coloniales du pays.
Tout commence en 1960, dans un hôpital psychiatrique, où le fils du directeur rencontre un Malgache qui répète en boucle une expression énigmatique : « Taba-Taba ». En tirant ce fil ténu, Deville déroule ensuite une longue bobine qui va de Napoléon III aux attentats de novembre 2015. Une fresque très ambitieuse, qui devrait valoir à son auteur de figurer à nouveau sur les listes de prix à la fin de l’année – et pourquoi pas, de rafler enfin un Goncourt qu’il a déjà frôlé.

Adimi - Nos richessesL’ENVERS ET L’ENDROIT : Nos richesses, de Kaouther Adimi (en cours de lecture)
Troisième roman de la jeune auteure (31 ans) née à Alger, qui relate la fondation en 1936 dans sa ville natale de la librairie « Les vraies richesses », établie par Edmond Charlot avec l’ambition de servir de révélateur et de relais pour la culture méditerranéenne. Ce sera une réussite, puisque Charlot publiera l’année suivante le premier texte d’un certain Albert Camus, entre autres choses.
En parallèle, la romancière nous transporte en 2017, où un étudiant indifférent à la littérature est chargé de vider et rénover la librairie à l’abandon pour la transformer en magasin de beignets. Mais le vieux gardien des lieux veille, bien décidé à ne pas lui faciliter la vie… Les premières pages sont extrêmement fluides et séduisantes, belle surprise à prévoir.

Sorman - Sciences de la viePAS DE PEAU : Sciences de la vie, de Joy Sorman
Avec cette histoire de malédiction familiale frappant les filles aînées de maladies rares ou improbables, Joy Sorman, transfuge de Gallimard, poursuit son exploration littéraire du corps. On avait beaucoup aimé La Peau de l’ours pour son côté singulier et son ton de conte, on attend donc avec curiosité de découvrir cette nouvelle page d’une œuvre déjà maîtrisée.

Thomas - Souvenirs de la marée basseL’EFFET AQUATIQUE : Souvenirs de la marée basse, de Chantal Thomas
Connue et appréciée pour ses romans historiques (dont Les adieux à la reine), Chantal Thomas change de registre pour signer un récit consacrée à sa mère, Jackie, pour qui nager était vital, l’exercice le plus intense de sa liberté. On l’aime bien, Chantal Thomas, hein. Mais là, on a trop de choses à lire plus attirantes.

Lopez - FiefL’ESQUIVE : Fief, de David Lopez
L’unique premier roman de la rentrée française du Seuil nous emmène dans une banlieue campagnarde, au contact de jeunes gens qui y vivotent, fument, jouent aux cartes et font pousser de l’herbe, tout en cultivant leur identité propre par le langage.

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Le Quatrième mur, de Horne, Corbeyran & Chalandon

Signé Bookfalo Kill

En explorant les archives du blog, je me suis aperçu avec stupeur que je n’avais pas écrit de chronique sur Le Quatrième mur, le magnifique roman de Sorj Chalandon – alors même que cet auteur figure parmi mes préférés de la littérature française contemporaine, et que ce livre m’avait bouleversé d’une rare manière.
L’adaptation en bande dessinée signée Corbeyran au scénario et Horne au dessin tombe donc à point nommé pour réparer cet oubli, d’autant que le duo a très joliment travaillé pour rendre justice au roman de Chalandon.

chalandon-corbeyran-horne-le-quatrieme-murVoilà l’histoire. Samuel Akounis, metteur en scène juif grec qui a dû fuir son pays à la suite du coup d’Etat de 1967 ayant établi la dictature des colonels, porte un grand rêve de théâtre : faire jouer Antigone, de Jean Anouilh, sur une scène de guerre. Au début des années 1980, il est au moins un lieu où transporter cette utopie paraît évident, c’est le Liban ; déchiré entre les multiples confessions et populations qui l’habitent, le pays brûle d’une guerre qui semble insoluble – mais, pour Sam, ce serait alors pousser l’utopie encore plus loin, en demandant à un membre de chaque camp ennemi d’incarner un personnage de la pièce et de faire triompher tous ensemble sur scène l’entente et la paix, même pour deux heures seulement.
Miné par un cancer, Sam doit pourtant renoncer, mais il demande à Georges, un ami français, de réaliser son rêve à sa place. Marié et jeune père de famille, Georges accepte la mission, sans imaginer une seconde jusqu’où elle l’emmènera…

Parlons d’abord de l’adaptation scénaristique, aussi fidèle que possible au roman de Chalandon – presque un peu trop, d’ailleurs, puisque Corbeyran reprend régulièrement des extraits du texte original, glissant ça et là et des pavés un peu longs, un peu trop narratifs, sans que cela nuise pour autant à la fluidité du récit. Certaines scènes ont également été raccourcies ou ont disparu, mais c’est là le travail indispensable de toute adaptation, et à aucun moment l’intrigue ne perd en compréhension et en complexité.

Puisque Corbeyran a rempli sa part du contrat, voyons maintenant comment Horne et ses crayons ont entrepris de donner une autre perspective à l’histoire de Chalandon – car c’est bien tout l’enjeu d’une adaptation d’un roman en B.D., sinon à quoi bon ? Le noir et blanc (et toutes ses nuances de gris) se prête en tout cas très bien à ce récit, dont il adoucit quelque peu la dureté ; de même que le trait de Horne, pas forcément hyper réaliste dans sa manière de dessiner les personnages, mais à qui il prête néanmoins une identité forte et beaucoup de caractère.
Chaque page affiche six cases au maximum, aérant le récit et laissant la place aux longs dialogues ou aux extraits puisés dans le roman de Chalandon. Et il faut saluer certains choix d’ellipse, comme la représentation du massacre des camps de Sabra et Chatila, limitée à une seule page – là où le romancier, témoin direct de cette scène apocalyptique, s’étendait beaucoup plus. Incarner visuellement l’horreur étant tout de suite sujet à caution, les quelques cases crayonnées par Horne suffisent largement et écartent tout risque de voyeurisme ou d’horreur inutile.

Si rien ne peut remplacer la lecture puissante et profondément émouvante du roman, cette adaptation de Horne et Corbeyran est une jolie réussite, honnête par rapport à l’original. De quoi donner envie de découvrir l’œuvre de Sorj Chalandon ? Ce ne serait pas la pire des conclusions !

Le Quatrième mur, de Corbeyran (scénario) et Horne (dessin)
D’après le roman de Sorj Chalandon
Éditions Marabulles, 2016
ISBN 978-2-501-11468-4
136 p., 17,95€


Une proie trop facile, de Yishaï Sarid

Signé Bookfalo Kill

Après avoir quitté un cabinet prestigieux pour monter sa propre affaire, un avocat de Tel-Aviv, empêtré dans les problèmes insolubles de son unique client et ses soucis personnels, décide de profiter de sa période de réserve militaire pour se changer les idées, en acceptant de diriger une enquête pourtant difficile : une jeune soldate accuse en effet de viol un officier brillant et respecté de tous, qui combat en poste avancé au Liban. Le témoignage trouble et l’attitude déconcertante de la jeune femme le perturbent autant que l’assurance et l’aura du militaire, et démêler le vrai du faux va s’avérer extrêmement compliqué…

Mise en page 1J’avoue avoir eu du mal entrer dans ce premier roman de Yishaï Sarid (le deuxième publié en France après Le Poète de Gaza). Tempo lent, digressions nombreuses, personnages velléitaires, réalisme déprimant des situations et du contexte de l’intrigue, l’Israël du début des années 2000… Autant d’éléments qui, une fois domptés le rythme et le ton particulier du récit, constituent la singularité d’Une proie trop facile.
Car on finit par apprécier de se heurter avec autant d’insistance aux errements des personnages, à commencer par ceux du héros-narrateur, tellement incertain qu’il n’a pas même de nom. Yishaï Sarid ne sacrifie rien à la facilité, et s’attache à dépeindre avec une précision dénuée de romanesque une enquête qui traîne et s’enlise, une victime peu fiable mais qu’on a envie d’aider, un suspect si rayonnant et défendu par tout le monde qu’on a envie de le croire sans preuve, un extrémisme religieux latent mais jamais loin d’entraver la bonne marche des événements, un patriotisme qui flirte volontiers avec le nationalisme, la guerre qui gronde aux frontières du pays…

Si Sarid repousse jusqu’à la fin le dévoilement de la vérité sur l’enquête, assurant ainsi l’intérêt du lecteur, il captive surtout par sa manière de croquer un monde sous tension permanente, à la recherche d’une stabilité que l’on sent impossible à obtenir. Il faut s’accrocher pour supporter son héros, comme la plupart des autres personnages d’ailleurs, assez antipathiques dans l’ensemble, mais le jeu en vaut finalement la chandelle et confirme, après les livres de Dror Mishani ou Liad Shoham, que les auteurs de polar israéliens ont autant de choses à dire qu’un ton particulier pour le faire.

Une proie trop facile, de Yishaï Sarid
(Teref Kal, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz)
Éditions Actes Sud, coll. Actes Noirs, 2015
ISBN 978-2-330-05662-9
341 p., 22,50€


A première vue : la rentrée Seuil 2015

Les éditions du Seuil font partie des grosses écuries dont nous n’avons pas encore parlé cette année. Qu’à cela ne tienne, c’est parti ! Néanmoins, pas de quoi sauter au plafond non plus… Du côté des francophones, à part Alain Mabanckou, qu’on voit mal nous décevoir, les titres annoncés ne nous excitent pas plus que cela (constat entièrement personnel, évidemment). Ca pourrait être mieux du côté des étrangers – ça pourrait. Et dans le meilleur des mondes, nous pourrions aussi nous tromper complètement. Réponse(s) à la rentrée.

Mabanckou - Petit PimentÇA PIQUE, ÇA LANCE ET ÇA REPIQUE DERRIÈRE : Petit Piment, d’Alain Mabanckou
Petit Piment est un orphelin de Pointe-Noire dont la vie est pour le moins agitée. Pensionnaire d’une institution catholique dirigée par le tyrannique et corrompu Dieudonné Ngoulmoumako, il profite de la révolution socialiste pour s’évader, faire les quatre cent coups, puis se réfugier dans la maison close de Maman Fiat 500. Il y coule enfin des jours paisibles, jusqu’au au jour où le maire décide de s’attaquer à la prostitution. Ulcéré, Petit Piment passe en mode vengeance…

Desbiolles - Le Beau tempsON EN A GROS : Le Beau temps, de Marilyne Desbiolles (lu)
Roman biographique ou biographie romancée, roman documentaire, exofiction : les noms flous ne manquent pas pour tenter de définir ce genre très (trop ?) à la mode mêlant travail littéraire et personnages ou faits réels. Si Patrick Deville, Jean Echenoz et Eric Vuillard, entre autres, s’y sont brillamment illustrés, Marilyne Desbiolles aurait mieux de s’abstenir. Sa tentative, consacrée à Maurice Jaubert (compositeur de musique de films du début XXème) n’a définitivement rien d’un roman ; pas sublimée par un style, c’est une biographie assez pauvre et sans intérêt, ses rares incursions dans le texte pour ajouter de la matière littéraire s’avérant souvent ratées.

Delerm - Les eaux troubles du mojitoY’A DE LA RELANCE SUR LE DEJA-VU : Les eaux troubles du mojito, de Philippe Delerm
Sous-titré « et autres belles raisons d’habiter sur terre », ce petit livre ramène Delerm sur le chemin balisé qu’il avait ouvert avec La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, celui de textes courts et poétiques sur les petites choses qui font le sel de la vie quotidienne. C’était il y a dix-huit ans et rien n’a changé ou presque.

Holder - La Saison des BijouxUN ROI A LA TAVERNE : La Saison des Bijoux, d’Eric Holder
Écrivain de l’intime, Eric Holder revient avec une immersion dans le monde des marchands ambulants. Le temps d’un été, Jeanne, Bruno et leur tribu s’installent dans une petite ville de la côte Atlantique et tiennent un stand sur le marché. Entre les différents artisans et maraîchers présents autour d’eux, Forgeaud, le patron des lieux, est subjugué par Jeanne et se promet de la posséder avant la fin de la saison… Un huis-clos au grand air, passionnel et intimiste, qui sert de prétexte à une galerie de personnages hauts en couleur.

Kebabdjian - Les désoeuvrésUNAGI : Les Désœuvrés, d’Aram Kebabdjian
La Cité est une résidence où se côtoient de nombreux artistes, uniquement préoccupés de créer en ce lieu pensé pour eux. Chaque chapitre de ce long premier roman s’intéresse à une œuvre et à un artiste imaginés de toutes pièces par l’auteur, composant une vision de l’art contemporain. L’idée est intéressante, mais sur 512 pages, j’espère qu’on verra évoluer les personnages et que le livre ne se résumera pas à une longue énumération, sous peine de finir par manquer d’intérêt…

Majdalani - Villa des femmesELLE EST OÙ LA POULETTE ? : Villa des femmes, de Charif Majdalani
Le romancier libanais (qui écrit en français) met en parallèle, dans le Liban des années 60, la guerre de succession suivant le décès de Skandar Hayek, un homme d’affaires prospère dont la famille se déchire, et la guerre civile qui ébranle le pays. L’occasion pour les femmes de la famille de prendre le pouvoir…

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Grossman - Un cheval entre dans un barLA PENTE FATALE : Un cheval entre dans un bar, de David Grossman
(traduit de l’hébreu par Nicolas Weill)
Sous les yeux du juge Avishaï Lazar, un ancien ami d’école, un comédien monte sur la scène d’un club miteux d’Israël, où son numéro de comique vulgaire dérape soudain vers une confession inattendue et terrible. Depuis Une femme fuyant l’annonce, prix Médicis étranger 2011, le romancier israélien est très suivi.

Kapoor - Un mauvais garçonIL TABASSE LE ROUQUIN : Un mauvais garçon, de Deepti Kapoor
(traduit de l’anglais (Inde) par Michèle Albaret-Maatsch)
Sa mère est morte, son père est parti, elle a vingt ans à New Delhi. Elle voudrait brûler sa vie mais se plie aux conventions sociales, pas le choix. Jusqu’au jour où elle rencontre ce mauvais garçon qui l’attire irrésistiblement. Sexe, drogue, alcool, elle plonge corps et âme avec lui dans une ville beaucoup plus dangereuse et palpitante qu’elle ne l’imaginait.

Cuenca Sandoval - Les hémisphèresJ’AI UN PIVERT DANS LA TÊTE, C’EST NORMAL ? : Les hémisphères, de Mario Cuenca Sandoval
(traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon)
En vacances à Ibiza, deux amis s’adonnent à tous les plaisirs, abusant notamment de dantéine, une drogue en forme de poudre orange. Sous son emprise, ils tuent accidentellement une jeune femme au volant de leur voiture. Des années plus tard, ils restent obsédés par l’image de celle qu’ils nomment « la Première Femme », croyant la voir réincarnée dans d’autres silhouettes féminines qu’ils pourchassent sans relâche.

(Merci à Alexandre Astier pour les titres introduisant chaque présentation !)


A première vue : la rentrée Seuil 2013

Parmi les « gros » éditeurs, ceux qui trustent les pages des critiques littéraires et prétendent aux grands prix d’automne, je n’ai pas encore parlé du Seuil. Normal, car s’il y a du potentiel dans les six romans – largement dévolus à l’Histoire – que cette maison propose à partir de la fin août, aucun ne suscite ni excitation ni curiosité fondamentale en nous. La place pour de bonnes surprises ? A voir…

Korman - Les saisons de LouveplaineBANLIEUE : Les saisons de Louveplaine, de Cloé Korman
C’est le roman Seuil dont on pourrait parler le plus. L’histoire d’une jeune femme algérienne, sans nouvelles de son mari depuis que celui-ci a rallié la France pour y trouver du travail. Elle décide de se rendre à Louveplaine, la banlieue où il s’est installé, pour essayer de le retrouver. Elle y découvre autant le quotidien contrasté de la cité qu’un visage inattendu de son mari…

Orr - Le ProduitOBSESSION : Le Produit, de Kévin Orr (coll. Fiction & Cie)
Trentenaire parisien, le narrateur est si obsédé par le Produit qu’il en perd tout sens commun. Après un passage chez des amis new-yorkais, il tente de s’exorciser par l’écriture.
Une curiosité sur le papier, par laquelle nous ferons sûrement un détour.

Thomas - L'Echange des princessesROYAL : L’Échange des princesses, de Chantal Thomas (coll. Fiction & Cie)
Révélée par un autre roman historique, Les adieux à la Reine (prix Fémina 2002), Chantal Thomas nous ramène au XVIIIème siècle, autour d’une sordide histoire d’échanges de princesses royales orchestrée par le régent Philippe d’Orléans, ayant dans l’idée de profiter de la minorité de Louis XV (11 ans à l’époque) pour s’installer durablement au pouvoir… Le savoir-faire de l’auteur en la matière n’étant plus à prouver, les amateurs de bons romans historiques devraient être comblés.

LIBAN : Le Dernier seigneur de Marsad, de Charif Majdalani
Là où Sorj Chalandon raconte la terrible guerre du Liban au début des années 80 (Le Quatrième mur), le Libanais Charif Majdalani évoque les vingt années précédant le conflit, à travers l’histoire d’un riche chrétien négociant en marbre, de sa fille et de son associé.

TUNISIE : Je suis né huit fois, de Saber Mansouri
Autour de la Montagne Blanche, le destin de Massyre, huitième enfant venant après sept filles, homme aux huit métiers, qui se passionne pour l’Histoire et part à la recherche d’un manuscrit irakien dans une quête initiatique personnelle.

PETIT PÈRE DES PEUPLES : Le Divan de Staline, de Jean-Daniel Baltassat
En compagnie de sa maîtresse et d’un jeune peintre, Staline se retire quelques jours dans sa Géorgie natale. Allongé sur un divan, il songe à son passé et à son histoire.