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A première vue : la rentrée Zulma 2015

L’année dernière, les éditions Zulma nous avaient mis K.O. de bonheur avec L’Île du Point Némo, l’extraordinaire roman d’aventures de Jean-Marie Blas de Roblès. Rien d’aussi affolant en perspective (quoique…) dans cette rentrée 2015, mais de possibles jolies choses tout de même, avec deux romans français – signés du même auteur – et trois étrangers.

LaSolutionEsquimauAWCOUP DOUBLE : Corps désirable et Ma, d’Hubert Haddad
Écrivain fort productif, Hubert Haddad truste à lui seul la rentrée française Zulma avec deux textes très différents. Corps désirable envisage les conséquences morales et éthiques d’une greffe de tête, tout en plongeant à corps perdu dans les sensations de ses personnages.
Quant à Ma, il ramène Haddad sur le territoire familier, japonais et spirituel, du Peintre d’éventail, l’un de ses plus gros succès : après une histoire d’amour brève et intense avec une universitaire spécialiste du poète haïkiste Santoka, Shoichi se lance dans les pas de trois grands maîtres du haïku, dont Basho.

LeVieuxJardinAW+CONTES DES SEPT JOURS ET SEPT NUITS : Le Jardin des Sept Crépuscules, de Miquel de Palol
(traduit du catalan par François-Michel Durazzo)
Si un roman Zulma pouvait cette année égaler l’extase procurée par L’Ile du Point Némo, ce pourrait être ce somptueux pavé de 1152 pages ! Construit sur un principe de narration connu mais virtuose (quelques personnages réunis par une nécessité majeure dans un lieu clos se racontent des histoires pendant sept jours et sept nuits), il permet à Miquel de Palol un enchâssement de récits extraordinaires menant à la révélation d’un mystère final… Pour la taille de la bête et sa construction, une sacrée aventure de lecture en perspective !
(en librairie le 1er octobre)

LaSolutionEsquimauAWMICROCOSMOS : Les nuits de laitue, de Vanessa Barbara
(traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec)
Le premier livre de cette jeune romancière brésilienne nous plonge dans une communauté de délicieux doux-dingues, entre le facteur qui échange les courriers pour favoriser le lien social, un centenaire japonais convaincu que la Seconde Guerre mondiale n’est pas terminée, un passionné de romans noir paranoïaque ou une propriétaire de chihuahuas hystériques… Un petit roman que l’on attend plein de chaleur, d’humour et d’humanité.

love-is-power-ou-quelque-chose-comme-caLAGOS CLUB : Love is Power, ou quelque chose comme ça, de A. Igoni Barrett
(traduit de l’anglais (Nigeria) par Sika Fakambi)
Zulma est aussi l’une des rares maisons à proposer régulièrement des auteurs africains contemporains. Démonstration avec ce roman qui, à travers l’histoire d’un policier abusif et de sa famille, donne à voir le Lagos d’aujourd’hui.


Les gnomes de Wil Huygen et Rien Poortvliet

Il était une fois, en 1988, un livre que ma mère a acheté et qui s’appelait Le grand livre des Gnomes. J’adorais cet ouvrage parce qu’il décrivait avec minutie, la vie des gnomes, leurs moeurs, leurs ennemis, leur habitat traditionnel, et bon nombre de sujets dignes d’une encyclopédie. J’ai gardé de ce livre, un souvenir émerveillé, tant par la richesse des dessins que par l’imagination des auteurs. 

gnomesAussi, quelle ne fut pas ma surprise quand Albin Michel a réédité ce superbe ouvrage. Intitulé cette fois plus sobrement, Les Gnomes reprend exactement le contenu du précédent ouvrage. Vous saurez tout sur l’habillement, la construction des maisons, l’histoire et les légendes propres au peuple gnome, et bien d’autres choses, le tout richement illustré par les magnifiques peintures de Rien Poortvliet (Enfant, son prénom me faisait beaucoup rire)

Je ne saurai que trop vivement vous conseiller cet ouvrage, pour vous, pour vos proches (peut-être pas vos jeunes enfants impressionnables, les représentations des trolls sont terrifiantes) ou pour tout ami à qui vous ne savez pas quoi offrir à Noël. C’est un livre original, passionnant, drôle, hyper documenté, et ainsi, vous ne pourrez plus passer à côté de nos petits amis gnomes lors de vos prochaines pérégrinations en forêt. 

Les Gnomes de Wil Huygen et Rien Poortvliet
Editions Albin Michel, 2013
9782226209603
230p., 29€90

Un article de Clarice Darling.


Mais qui veut la peau des ours nains ?, d’Emile Bravo

Signé Bookfalo Kill

J’ai déjà eu le plaisir de vous le dire ICI (et aussi ), Émile Bravo fait des bandes dessinées pour les enfants et il les fait bien. Destinée à de très jeunes lecteurs (à partir de 7 ans, voire avant pour les bons lecteurs dès le CP), la saga des ours nains est une autre preuve de son talent. Avec l’humour et l’intelligence qui le caractérise, Bravo y recycle de nombreux contes célèbres, dont il nourrit les intrigues de ses albums pour en tirer une histoire originale.

Par exemple, dans Mais qui veut la peau des ours nains ?, quatrième opus de la série, les sept ours nains sont tellement hypnotisés par la « boîte magique » (la télévision, qu’ils ont découverte dans l’épisode précédent) qu’ils en oublient de faire quoi que ce soit, surtout d’aller chercher à manger dans la forêt. Du coup, Blanche-Neige, qui vit avec eux, en a marre de faire la bonniche, et décide d’aller voir ailleurs si le Prince Charmant y est.
Un peu plus loin, on croise Peau d’Âne, Barbe Bleue, le Loup et l’un des trois petits cochons, les animaux musiciens de Brême, et même le Diable… Tous, personnages, références et ingrédients, sont ensuite passés à la moulinette irrévérencieuse d’Émile Bravo, dans une histoire vive et hilarante. On ne s’en lasse pas !

A partir de 6-7 ans (avec décodeur parental pour comprendre les références, éventuellement…)

Mais qui veut la peau des ours nains ?, d’Émile Bravo
Éditions du Seuil Jeunesse, 2012
ISBN  978-2-02-102082-3
40 p., 12€