Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

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La Diamanterie, de Laure Monloubou

Signé Bookfalo Kill

Atteinte d’une légère malformation d’une jambe qui la rend un peu bancale, élevée seule par sa mère, Pénélope n’a pas forcément la vie facile, mais elle s’en sort plutôt bien. Jusqu’à cette soirée funeste où sa mère lui prépare des lasagnes, son plat préféré… Ca sent la mauvaise nouvelle !!! Et effectivement, cette dernière est au rendez-vous : l’adolescente apprend qu’elle va devoir passer ses vacances d’été chez son oncle et sa tante à la montagne – et qui dit oncle et tante dit aussi cousin et cousine, ceux-là même qui avaient trouvé très drôle de balancer Pénélope dans une fourmilière géante quelques années auparavant, entre autres moqueries qui avaient ruiné ses vacances d’alors.
Bref, c’est la tuile. Sauf que les années ont passé, que les gens peuvent changer, et que de belles rencontres peuvent tout remettre en cause, y compris pour le meilleur…

monloubou-la-diamanterieAutant être sincère, cette chronique sera sans doute l’une des moins objectives de ce blog. Et pour cause, il se trouve que je connais fort bien Laure Monloubou, l’auteure de la Diamanterie, puisque je la côtoie professionnellement (et amicalement) tous les jours. Comme c’est l’une des plus belles personnes que je connaisse – si la gentillesse devait être incarnée au cinéma, il faudrait embaucher Laure sans hésiter une seconde -, cela rend la tâche d’écrire cet article beaucoup plus difficile qu’autre chose, paradoxalement. A tel point que je me suis interrogé sur la pertinence de le faire ou non.
D’un autre côté, comme j’ai beaucoup aimé ce livre, je tiens à le défendre et donc à vous en parler. Étant dûment avertis, à vous de juger si cette visite de la Diamanterie peut vous plaire ou séduire un enfant de votre entourage !

Tiens, d’ailleurs, ce titre, la Diamanterie, vous aura peut-être intrigué, mais je vous laisserai le soin de découvrir à quoi il fait référence en lisant le livre (hé oui, ho hein, sinon ce serait trop facile !) Que vous dire donc ? Qu’il s’agit d’un très beau roman, tout en simplicité, en tendresse, en humour, en drôlerie, en chaleur humaine. Qu’il convient à de jeunes lecteurs dès 11 ans et bien sûr au-delà. Qu’il parle joliment d’adolescence, de la fragilité de cet âge de la vie où chaque seconde vécue peut constituer une remise en question primordiale. Qu’il parle aussi d’amitié, d’amour, d’art, de différence. Qu’il fait resurgir en chacun des souvenirs précieux de vacances d’été, ces moments hors du temps où tant de choses se passent dans nos jeunes existences…

La Diamanterie a aussi le parfum des lectures d’enfance, où l’aventure se mêlait au quotidien entre les pages, et où plus rien n’avait d’importance que de résoudre des mystères et de vivre des amitiés par procuration littéraire. Ce livre a pour moi le charme de mes chers vieux Club des Cinq, par exemple. Et retrouver ces sensations m’a fait un bien fou !

La Diamanterie, ou les vacances d’une fille bancale, de Laure Monloubou (illustrations de Robin)
Éditions Amaterra, 2017
ISBN 978-2-36856-105-8
183 p., 12,50€

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Brochettes à gogo, d’Anne Fine

Signé Bookfalo Kill

Après avoir involontairement incendié la cuisine de sa maison, le jeune Harry est prié par ses parents d’aller voir ailleurs, le temps que les travaux de rénovation soient achevés. Pour échapper à l’insupportable tante Susan, il choisit de rejoindre Tristram, son oncle fantasque et imprévisible. Cela tombe bien, ce dernier part justement chez Belle-de-Jour, sa petite amie du moment, qui vit sur une île, si connectée à la nature qu’elle parle aux pommes et proscrit tout appareil de communication moderne.
Pour Harry, c’est l’horreur : pas de télé, pas d’ordinateur, pas même une radio, et beignets de pissenlit au menu tous les jours ! Pourtant, ces vacances forcées deviennent rapidement intéressantes, car cette drôle d’île recèle bien des secrets bizarres, entre pullulement de barbes et concours de brochettes…

Fine - Brochettes à gogoEn début d’année, Anne Fine terrorisait les ados avec le Passage du Diable, roman fantastique à la croisée de Henry James et Charles Dickens. Rien à voir, donc, avec cette franche comédie, pour lecteurs un peu plus jeunes, qui laisse libre et joyeux cours à l’imagination débordante de la romancière.

Je n’en dirai pas plus sur les péripéties qui attendent Harry, Tristram et Belle-de-Jour, qui méritent d’être découvertes au fur et à mesure qu’elles s’accumulent, plus catastrophiques les unes que les autres. Anne Fine manie l’art du quiproquo et de la dérision avec talent et, à l’évidence, s’amuse largement à créer personnages loufoques à souhait et situations absurdes ou délirantes, pleine d’affection pour ses héros si drôlement à côté de la plaque.

Une belle tranche d’humour, chaleureuse, tendre et farfelue, à partir de 10 ans.

Brochettes à gogo, d’Anne Fine
Traduit de l’anglais par Agnès Desarthe
  Éditions Ecole des Loisirs, coll. Neuf, 2014
ISBN 978-2-211-20165-0
264 p., 11€