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Chroniques à venir et lecture en cours

Hello tout le monde !

Maintenant que le feuilleton des élections américaines est (à peu près) terminé – j’avoue que ça a pas mal occupé mes journées la semaine dernière -, on va tâcher de reprendre le fil des chroniques sur le blog.

La semaine prochaine, on causera donc d’un des romans que j’attendais le plus en cette rentrée littéraire décidément pas comme les autres (Requiem pour une Apache, de Gilles Marchand, éditions Aux Forges de Vulcain), mais aussi zombies, vampires, Cthulhu et autres monstres ancestraux s’ébattant joyeusement dans l’imagination fertile de Chrysostome Gourio (La Brigade des Chasseurs d’Ombres – Wendigo, éditions Sarbacane).


Sinon, côté lecture en cours, je continue à suivre le catalogue des Forges de Vulcain, avec l’une des parutions du mois d’octobre :

Un livre choisi d’abord pour sa superbe couverture (signée Théophile Navet) et pour l’éditeur, mais aussi – tout de même – pour son résumé plutôt intrigant qui mêle polar et fantastique :

Paris. Une pilule mystérieuse fait vaciller la capitale. Elle permet, à celui qui la consomme, de revoir les êtres chers qu’il a perdus.

Jocelyn est un jeune flic. Après une intervention désastreuse, il intègre l’équipe qui a pour mission de démanteler le trafic de cette nouvelle drogue. S’engage alors une course poursuite où dealers déchus, policiers, mafieux, assassins et innocents, cherchent la source du produit miracle, qui permet d’ouvrir la porte du royaume des morts.

Mais est-il possible de sauver une société qui ne veut pas l’être ?

On en reparle dans quelques jours !


À première vue : la rentrée Plon 2020

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Intérêt global :

inexpressif


Je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un spécialiste du catalogue des éditions Plon, ni de leur manière d’aborder la rentrée littéraire, ni de leur ligne éditoriale en littérature (pour peu qu’il y en ait une). Cette maison fait partie de celles qui n’ont jamais réussi à m’intéresser, de quelque manière que ce soit. Donc, me voilà bien embêté pour vous raconter quelque chose d’un tant soit peu captivant à son sujet.
Restons-en donc aux faits : la rentrée Plon se compose de cinq titres francophones, quatre romans et un recueil de chroniques. Et puis voilà.


Camille Pascal - La chambre des dupesLa Chambre des dupes, de Camille Pascal

Le haut fonctionnaire Camille Pascal a été l’invité surprise de la rentrée littéraire 2018. Avec L’Été des quatre rois, son premier roman récompensé du Grand Prix de l’Académie française et très large succès public, il a récolté un plébiscite auquel personne ne s’attendait vraiment, surtout pour un roman historique racontant la succession express de quatre souverains durant l’été 1830.
Pour son deuxième, il retourne au même genre, mais cette fois à la cour de Louis XV, dont il narre la passion pour Marie-Anne de Mailly-Nesle, marquise de La Tournelle. Passion si brûlante qu’il en fait sa favorite principale et la titre duchesse de Châteauroux (à l’époque, ça devait être classe). Mais le roi, en pleine campagne militaire, tombe gravement malade à Metz, et la position privilégiée de la duchesse se trouve menacée par la raison d’État…
Je ne suis pas un grand adepte de roman historique. Mais il faut reconnaître que le sujet est très bien choisi. Le style élégamment classique de Camille Pascal devrait parfaitement convenir pour raconter cette page d’histoire, et convaincre les adeptes du genre.

Faïza Guène - La discrétionLa Discrétion, de Faïza Guène

Avec Kiffe kiffe demain, son premier roman paru en 2005 alors qu’elle n’avait que dix-neuf ans, Faïza Guène a connu un succès immédiat autant que fulgurant (traduit en 26 langues quand même). Après trois romans chez Hachette et deux chez Fayard, elle arrive chez Plon avec un roman consacré à une femme de 70 ans qui vit en toute discrétion à Aubervilliers. Née en Algérie lorsque le pays était encore une colonie française, adolescente au moment de l’indépendance, elle a tenté de transmettre son goût de la liberté à ses enfants tout en réfrénant ses colères, ses souffrances et la peine née de l’exil. C’est à eux, désormais, de mettre en lumière son histoire, et de révéler la vérité de cette femme discrète.

Sophie Blandinières - La chasse aux âmesLa Chasse aux âmes, de Sophie Blandinières

Durant la Seconde Guerre mondiale, trois femmes, une Polonaise, Janina, et deux juives, Bela et Chana, organisent un réseau clandestin pour faire sortir des enfants juifs du ghetto. Ils changent alors d’identité, trouvent un nouveau foyer et deviennent des polonais catholiques afin de survivre dans la zone dite aryenne.

Thibault de Montaigu - La grâceLa Grâce, de Thibault de Montaigu

Suite à une dépression, le narrateur, athée, relate comment il a été touché par la grâce, une nuit, dans la chapelle d’un monastère. Afin de comprendre cette révélation soudaine, il renoue avec Christian, son oncle et frère franciscain, qu’il connaît peu et qui décède après leurs retrouvailles. Il découvre que cet homme a connu le même parcours spirituel que lui à l’âge de 37 ans.

Alain Mabanckou - Rumeurs d'AmériqueRumeurs d’Amérique, d’Alain Mabanckou

Un recueil de chroniques par l’auteur franco-congolais, qui vit aux USA depuis une quinzaine d’années. Il évoque l’opulence de Santa Monica, les conditions de vie des minorités de Los Angeles, le désespoir des agglomérations environnantes, le rêve américain, la guerre des gangs, la musique, les habitudes politiques, entre autres.


BILAN


Aucune lecture en vue dans ce programme en ce qui me concerne. À vous de voir !


L’art de choisir sa maîtresse, de Benjamin Franklin

Signé Bookfalo Kill

Les éditions Finitude font des beaux petits livres. Des objets soignés, bien fabriqués (cahiers cousus, couvertures en papier épais avec de belles illustrations) qu’on a plaisir à prendre en main, à feuilleter et à ranger en évidence dans sa bibliothèque. Pour ne rien gâcher, les éditions Finitude font aussi des bons livres, souvent originaux et décalés, que l’on apprécie autant de lire que d’admirer.

La preuve avec ce recueil de textes inédits signés Benjamin Franklin – oui, oui, LE Benjamin Franklin, celui auquel vous pensez. Non content d’avoir, entre autres, inventé le paratonnerre et contribué à la rédaction de la Déclaration d’Indépendance et à celle de la Constitution des Etats-Unis, l’animal était doté d’une très belle plume, pleine d’humour et d’ironie.
Il l’éprouva en rédigeant des articles dans la presse – notamment dans la Gazette de Pennsylvanie, journal qui lui appartenait ; sous couvert d’identités fictives, il se fendit également de faux courriers de lecteurs envoyés à différents journaux, dans lesquels il prenait un malin plaisir à fustiger les innombrables travers de l’être humain, avec un sens réjouissant du second degré. Au passage, il en profitait pour valoriser les qualités qui lui semblaient primordiales : la modestie, le sens de l’économie, l’équité ou l’honnêteté.

Outre « L’art de choisir sa maîtresse » – moins subversif que le titre ne le laisse penser -, Franklin prend le ton acerbe d’une commère pour mieux disserter « sur les commérages » et leurs conséquences ; propose « quelques règles pour devenir un compagnon détestable » (mon texte préféré, traité facétieux sur l’art d’accaparer l’attention générale en société) ; détourne la science d’une manière joyeusement absurde en proposant la fabrication d’un « cadran solaire détonnant » ; ou se fait plus sérieux, bien que toujours avec verve et esprit, pour dénoncer la manière dont l’Angleterre traite ses colonies américaines (« Pour transporter un serpent à sonnette » et « Pour humilier les rebelles américains »).

Chaque texte est précédé d’un paragraphe de l’éditeur qui le replace dans son contexte. Un ajout indispensable pour bien saisir les implications des écrits de Benjamin Franklin, et en apprécier toute l’intelligence et la saveur. Un livre fin et intelligent, à déguster sans modération.

L’Art de choisir sa maîtresse et autres conseils indispensables, de Benjamin Franklin
Editions Finitude, 2011
ISBN 978-2-912667-95-3
112 p., 13,50€

Retrouvez ce livre sur le site des éditions Finitude – et profitez-en pour découvrir le travail de cette excellente petite maison d’édition !
On en parle également ici : Les chroniques d’Alfred Eibel.