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Un flic bien trop honnête, de Franz Bartelt

Éditions du Seuil, 2021

ISBN 9782021479348

208 p.

17,90 €


Dans une petite ville de province, un assassin prolifique terrorise les arrêts de bus et les passages piétons : plus de quarante cadavres sont à déplorer. Quatre ans que l’inspecteur Gamelle, dépressif et fraîchement largué, ainsi que le bourrin, son adjoint cul-de-jatte, pataugent dans la semoule. Quatre ans que les astres refusent de s’aligner pour leur donner une piste. Sacré Saturne !
Bien loin de laisser tomber l’affaire, Gamelle sera amené à se poser les mauvaises questions, à se méfier des bonnes personnes et à suivre les idées saugrenues d’un aveugle particulièrement intrusif…


Je suis très loin de bien connaître l’œuvre abondante de Franz Bartelt, grand bonhomme humble, drôle et fichtrement sympathique que j’ai eu le bonheur de côtoyer durant trois jours à l’occasion d’une récente édition des Quais du Polar. Mais je garde un excellent souvenir d’Hôtel du Grand Cerf, du culte Jardin du bossu ou du Fémur de Rimbaud. Aussi attaquais-je ce nouveau roman avec joie et espoir d’un bon moment.
Raté, hélas.

On retrouve dans Un flic bien trop honnête les ingrédients typiques du cocktail Bartelt : des personnages iconoclastes aux noms improbables, une situation de départ invraisemblable qui dégénère dans la bonne humeur, une intrigue tordue dont l’aspect policier passe très vite au second plan, des rebondissements insensés…
Sauf que le tout semble avoir été assemblé par-dessus la jambe – si vous me passez l’expression étant donné qu’un des protagonistes est cul-de-jatte.

Le roman démarre pourtant bien, entre le coup de sang de l’inspecteur qui cogne gratuitement un aveugle, la description hilarante de son bureau arrangé « comme dans un de ces films français qui singent les séries américaines », et l’entrée en scène de personnages tous plus barrés les uns que les autres.
Très vite, cependant, l’intrigue trop ténue peine à faire tenir le tout ensemble, et ne sert qu’à dérouler une suite de dialogues certes brillants, voire réjouissants à l’occasion, mais qui ne suffisent pas à susciter un réel intérêt sur la longueur.

Du reste, le roman, fort bref, souffre d’une conclusion totalement bâclée, à tel point que j’ai cru qu’il manquait des pages dans l’exemplaire numérique que j’ai lu. Le coupable est prévisible, le principal rebondissement final aussi, et la chute donne vraiment l’impression que l’auteur a renoncé lui-même à poursuivre par manque d’intérêt pour sa propre histoire.
A moins qu’il ait réalisé les limites de son exercice, en glissant dans les dernières lignes cet aveu signé de l’assassin :

« Peut-être mes crimes sont-ils un peu trop littéraires…, se navrait-il. Évidemment, c’est le risque quand on ne veut voir que le côté récréatif des choses ! »

Reste un moment de lecture plaisant, grâce au style enlevé et au délicieux humour décalé de Franz Bartelt ; hélas, aussi vite oublié qu’il est terminé.


Qu’en pense-t-on ailleurs sur la blogosphère ? Sonia Boulimique des livres est tout aussi réservée que moi, tout comme L’œil de Sauron, tandis que Clete sur Nyctalopes déclare sa flamme à Franz Bartelt (avec mesure toutefois), ainsi que The Killer inside me, plus enthousiaste.


À première vue : la rentrée des éditions le Passage 2020

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Intérêt global :

sourire léger


Rentrée cent pour cent féminine pour Le Passage qui, comme à son habitude, se présente en petit comité en cette rentrée 2020 avec deux romans. Deux promesses de voyage, de la Corse à l’Alabama, d’une intrigue insulaire resserrée sur elle-même à l’histoire d’une mère dont la fille va devenir le symbole mondial du courage et de tous les possibles.


Cécilia Castelli - Frères SoleilFrères Soleil, de Cécilia Castelli

Deuxième roman d’une jeune auteure d’Ajaccio, Frères Soleil nous reçoit en Corse, dans un coin de bord de mer synonyme d’insouciance. Deux frères y accueillent chaque été leur jeune cousin du continent, en admiration devant les deux grands qui l’entraînent dans leurs jeux et leurs parties de pêche, tandis que les adultes s’efforcent de fondre dans la chaleur du soleil les mauvais souvenirs de la famille, dont le meurtre du grand-père. Les années passent, vient l’adolescence, et le moment d’envisager l’avenir et de faire des choix. Puis un nouveau drame survient, qui remet tout en perspective…

Angélique Villeneuve - la Belle lumièreLa Belle lumière, d’Angélique Villeneuve

Le nom d’Helen Keller est familier à nombre d’entre nous. Rendue sourde et aveugle par la maladie à l’âge d’un an et demi, Helen Keller réussit à surmonter son handicap à force de volonté, et grâce au soutien d’Anne Mansfield Sullivan, une éducatrice qui lui apprend comment communiquer avec son entourage, et l’amène ensuite à maîtriser la langue des signes, le braille, puis à parler, lire et écrire. Mais quid de Kate, la mère d’Helen ? Laissée dans l’ombre de sa fille et d’Anne Sullivan, elle tient pourtant sa place dans le parcours exemplaire d’Helen. C’est à elle qu’Angélique Villeneuve consacre son nouveau roman.


BILAN


Lecture potentielle :
Frères Soleil, de Cécilia Castelli