Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Cavalier seul, d’Achdé, Pennac & Benacquista

Signé Bookfalo Kill

Après une énième tentative de braquage qui tourne mal, contrecarrée par l’inévitable Lucky Luke, les Dalton se retrouvent une fois de plus au pénitencier. Là, une dispute éclate entre les quatre frères : Jack, William et Averell en ont assez de suivre les plans foireux de Joe et remettent en cause son autorité. Ulcéré, Joe leur lance alors un défi : le premier des quatre frères qui réunira un million de dollars deviendra le chef incontesté de la fratrie.
Aussitôt dit, aussitôt fait : les Dalton s’évadent illico, et chacun se lance de son côté et à sa manière dans la réalisation du projet. Si Joe garde la méthode Dalton (braquages, vols et compagnie), Jack se lance dans la politique, William devient patron de casino et Averell travaille dans un restaurant.
Face à tant d’honnêteté (sauf chez Joe évidemment), Lucky Luke ne sait plus où donner de la tête…

cavalier seulDans la série « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes », ce nouveau Lucky Luke confirme qu’une série « historique » peut se poursuivre après la disparition de ses créateurs sans tomber forcément dans la médiocrité. Il faut avouer, quand même, Daniel Pennac et Tonino Benacquista au scénario, ça a une autre gueule que Laurent Gerra !!! Leur deuxième album en collaboration avec le dessinateur Achdé confirme que les romanciers s’amusent comme des fous avec l’univers imaginé par Morris et longtemps mis en mots par Goscinny. Là où il est, ce dernier doit d’ailleurs être rassuré, car en terme de malice et de verve, les deux romanciers relèvent haut la main le défi.
Rien que de penser à raconter la séparation des Dalton, voilà une idée que Morris & Goscinny auraient pu avoir. La manière dont Pennac et Benacquista s’approprient les personnages tout en jouant avec des références contemporaines est réjouissante : Averell invente le fast-food, William se prend pour De Niro dans « Casino » et Jack se plonge dans les merveilles de la spéculation financière…

Il faut souligner également le formidable boulot d’Achdé, dont le trait colle au plus près au dessin original de Morris, à tel point que, simple lecteur amateur et non luckylukophile averti, je serais bien en peine de distinguer l’un de l’autre.
L’histoire reste légère, la fin un peu rapide et sans surprise (mais peut-il y en avoir dans Lucky Luke ?) Elle se teinte même d’une jolie mélancolie par un retour aux sources de l’identité du personnage principal, le « lonesome cowboy » Luke. Bref, une plongée sans arrière-pensée dans un univers d’enfance parfaitement restitué et respecté. Très sympa !

Cavalier seul, d’après Morris
Dessin : Achdé / Scénario : Daniel Pennac & Tonino Benacquista
  Éditions Lucky Luke Comics, 2012
ISBN 978-2-88471-322-1
46 p., 10,60€

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