Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Poulets grillés, de Sophie Hénaff

Signé Bookfalo Kill

Anne Capestan était une commissaire douée, une star de la police judiciaire. Jusqu’à la balle perdue de trop. Si la légitime défense lui a été concédée, elle n’en a pas moins été mise au placard. Lorsque Buron, son mentor, devient chef du 36 Quai des Orfèvres, il la sort de sa retraite forcée pour lui offrir un cadeau empoisonné : la direction d’un groupe de bras cassés, conglomérat de tous les flics ingérables mais invirables de la région parisienne, à qui le grand patron fait semblant de filer les dossiers classés sans suite et les affaires irrésolues pour justifier son existence.
En dépit du peu de moyens qui lui sont alloués, sans parler du mépris qui accable son groupe, Capestan décide de mettre son équipe au travail, et s’attaque aux deux premiers cas les moins pourris parmi les innombrables qui encombrent son bureau : le meurtre mystérieux d’un marin, et celui d’une vieille dame tuée par son cambrioleur…

Hénaff - Poulets grillésJe voudrais commencer par dire un mot du titre, Poulets grillés, à prendre évidemment au sens figuré. Superbement trouvé, il semble annoncer une joyeuse comédie policière, et c’est d’ailleurs ce que les premiers chroniqueurs de ce roman ont mis en avant.
Je veux bien, mais pour ma part, je n’ai pas trouvé ce polar si désopilant que cela. Pour rester chez son éditeur, Albin Michel, il n’a rien à voir par exemple avec l’excellente Revalorisation des déchets de Sébastien Gendron. Certes, il a ses moments d’humour et de légèreté, mais pas tant que cela ; et si l’idée de départ – prendre comme héros policiers les pires cas sociaux du métier – est amusante, Sophie Hénaff en tire surtout une jolie galerie de doux dingues éminemment humains, auxquels on s’attache vite.

Finalement, Poulets grillés compte sur cette équipe de gentils branquignoles pour se démarquer, car pour le reste, il s’agit d’un polar classique, bien mené par ailleurs, mais pas excessivement original. On est loin de Fred Vargas donc, experte en personnages barrés et lunaires comme en intrigues tordues. Si Sophie Hénaff n’a pas sa verve (unique, du reste, donc ce n’est pas un reproche), elle compense par une belle humanité, et la promesse de se lâcher peut-être davantage dans les prochaines aventures d’Anne Capestan et ses adjoints azimutés – car ce premier roman ouvre la porte à des suites qu’on peut espérer plus furieuses.

Poulets grillés, de Sophie Hénaff
Éditions Albin Michel, 2015
ISBN 978-2-226-31471-0
343 p., 18,50€

Publicités

4 Réponses

  1. Un titre qui me tente bien.

    25 avril 2015 à 18:00

  2. En pleine lecture :)

    26 avril 2015 à 05:10

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s