Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Le Testament des siècles, de Henri Loevenbruck

Signé Bookfalo Kill

S’il n’y avait pas eu Da Vinci Code et son succès phénoménal, on aurait sans doute davantage parlé du Testament des siècles et ça n’aurait été que justice. Car, là où Dan Brown, habile raconteur d’histoire mais très médiocre écrivain (s’il était cinéaste à Hollywood, on dirait de lui que c’est un faiseur, avec tout ce que cela comporte de péjoratif), Henri Loevenbruck n’hésite pas à mobiliser l’intelligence de ses lecteurs, tout en les embarquant dans un polar au style aussi maîtrisé qu’efficace, dont le récit s’intéresse entre autres au mystérieux dernier message du Christ, à la non moins étrange Pierre de iorden, et croise la route des Templiers ou de Léonard de Vinci…

Loevenbruck - Le Testament des sièclesLoin des mixtures mystico-ésotériques de l’auteur américain, qui mélange sans complexe théorie du complot de bas étage, hypothèses fumeuses et extravagances historiques sans aucun fondement, Loevenbruck aborde l’Histoire en général – et en particulier l’histoire des religions et l’histoire de l’art –, avec une rigueur qui dénote des recherches sérieuses et approfondies. Avec talent et audace, il tord ses trouvailles pour les mettre au service de son intrigue, prenant le temps de développements longs mais nécessaires, et rendus parfaitement digestes par leur insertion dans des dialogues dynamiques entre les personnages.

La dimension thriller n’est pas pour autant sacrifiée à la complexité de l’intrigue. Aux passages explicatifs succèdent régulièrement des scènes d’action et de suspense trépidantes, ce qui donne de bout en bout au roman ce genre de rythme haletant qui garantit une lecture enlevée et une immersion totale dans les événements. Loevenbruck se montre particulièrement doué dans les scènes de traque et de poursuite, et on se retrouve souvent à bout de souffle, à force de courir dans les pas de Damien Louvel, héros malgré lui de cette étrange enquête.

Après avoir œuvré dans la fantasy (Gallica, La Moïra), Henri Loevenbruck a donc effectué un virage plus que convaincant vers le thriller grâce à ce premier essai totalement transformé – même si, emporté par l’élan d’un final spectaculaire, on pourra trouver la chute un peu courte.
Depuis, avec ses quatre romans suivants et la très addictive série Sérum, Loevenbruck a fait ses preuves et inscrit son nom parmi ceux des grands du thriller français. On attend avec impatience son Mystère Fulcanelli, suite des enquêtes d’Ari Mackenzie après Le Rasoir d’Ockham et Les cathédrales du vide, en octobre prochain.

Le Testament des siècles, de Henri Loevenbruck
Éditions J’ai Lu, 2007
(Édition originale : Flammarion, 2003)
ISBN 978-2-290-00151-6
378 p., 7,30€

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Une Réponse

  1. alexmotamots

    Les cathédrales du vide m’avaient déçues. Il faudra que je retente.

    15 août 2013 à 16:28

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