Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Archives de 2 juillet 2018

A première vue : la rentrée Rivages 2018

Il y a la jeunesse côté français, et l’expérience côté étranger. Non, on ne cause pas de Coupe du Monde de football, mais de la rentrée Rivages 2018, dominée en ce qui me concerne par l’énorme attente entourant le deuxième roman du prodige Jérémy Fel, plus que remarqué avec son premier opus, Les loups à leur porte. Mais le reste pourrait – et c’est une bonne habitude chez cet éditeur – valoir le détour.

Fel - HélénaTOTO, J’AI L’IMPRESSION QUE NOUS NE SOMMES PLUS AU KANSAS : Helena, de Jérémy Fel
Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent.
La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres…
Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire.
Et il y a Helena…
Exceptionnellement, j’ai gardé la présentation quasi complète du livre par l’éditeur, parce que je trouve qu’elle donne fichtrement envie. Lecture imminente de mon côté, car Les loups à leur porte, entrée en littérature de Jérémy Fel il y a trois ans, m’a profondément marqué. On en reparlera, c’est sûr et certain.

Thi Thu - Presque une nuit d'étéLA CHAMBRE CLAIRE : Presque une nuit d’été, de Thi Thu
Une photographe parcourt la ville pour essayer de capter au vol la magie de petits moments du quotidien. Ce faisant, elle rencontre des gens, collecte des histoires, et esquisse en filigrane son propre portrait. Premier roman.

Crace - La mélodieWHEN EGO FEAR AND JUDGEMENT BECOME THE RULE OF LAW : La Mélodie, de Jim Crace
(traduit de l’anglais par Laetitia Devaux)
Comme d’autres avant lui, Alfred Busi, un célèbre chanteur, est attaqué chez lui par une créature mystérieuse. Alors que, dans toute la ville, la parole se durcit et se teinte de haine, Alfred se retrouve le seul à plaider pour la compréhension, la compassion et l’entraide collective. Un roman-métaphore sur la pauvreté et le sort des migrants, plus que jamais d’actualité hélas, par l’auteur de Moisson et Quarantaine.

Gornick - La femme à partC’EST AUJOURD’HUI DIMANCHE : La Femme à part, de Vivian Gornick
(traduit de l’américain par Laetitia Devaux)
Dans Attachement féroce, Vivian Gornick se promenait dans New York avec sa mère, dressant le tableau d’une relation mère-fille explosive, tiraillée entre amour fou et détestation profonde. A présent la mère n’est plus, et c’est seule que la narratrice arpente la ville, désormais son unique interlocutrice et témoin de son existence. Deuxième livre traduit en français d’une vénérable auteure de 83 ans, journaliste et écrivaine.


On lira sûrement :
Helena, de Jérémy Fel

On lira peut-être :
La Mélodie, de Jim Crace


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