Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût (Vauvenargues)

Archives de 28 janvier 2013

Adèle et moi de Julie Wolkenstein

adeleJ’ai dévoré ce bouquin et je ne sais toujours pas vraiment pourquoi. Certes, il y a l’écriture de Julie Wolkenstein, que je découvre avec ce roman, mea culpa. Une écriture fluide et puissante, qui en impose sans faire trop de chichis. Et l’histoire. Celle d’Adèle Duval, son arrière-grand-mère, que Julie n’a jamais connue puisque décédée en 1941 bien avant sa naissance. Je me suis identifiée à l’auteur, partant en quête de son ancêtre, tentant de la faire revivre. Par le biais de lettres, de photos et du journal intime d’Adèle, Julie Wolkenstein reconstruit l’univers de son aïeul, née en 1860. Sa vie, son oeuvre, son père et  ses enfants. On vit au rythme des guerres, des saisons et des déplacements d’Adèle, entre son appartement parisien, son château de banlieue et son lieu de villégiature, au bord de la Manche. C’est toute l’histoire d’une grande famille bourgeoise qui s’écrit dans ce roman. Les origines de la fortune, les revers de la guerre et sa lente décadence post-Seconde Guerre Mondiale, heureusement après le décès d’Adèle. Adèle aurait pu être une simple grand-mère, s’il n’y avait pas eu le secret, qu’Adèle elle-même n’a découvert qu’à cinquante ans passés.

Un secret qui l’a traumatisée, qui l’a transformée. Un secret qui lui donne enfin une explication sur son éducation si large d’esprit, sur cette sensation de décalage avec le reste de la société qu’elle a toujours ressenti. L’histoire d’une famille, qui vit, meurt, rit, pleure et qui traverse les décennies en tentant de combattre l’oubli.

Adèle et moi de Julie Wolkenstein
Editions P.O.L, 2013
9782818017371
595p., 22€

Un article de Clarice Darling.

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