Archives de 7 décembre 2011

Lettres d’engueulade de Jean-Luc Coudray

Cher Monsieur,

Je constate avec grand regret que votre livre n’est pas à la hauteur de mes attentes. On me vend cet ouvrage comme étant un livre qui va me permettre, je cite, « de calmer (nos) amères ruminations et, si (nous retrouvons notre) bourreau, d’espérer crucifier sa basse conscience, réveillant chez (nous) cette sérénité que procure le rééquilibrage du monde. «  Rien que ça.

Je m’attendais donc à des lettres pleines d’humour et d’esprit, répondant à des situations données, comme « un jeune me traite de vieux » ou « mon patron prétend que les caisses sont vides pour me refuser une augmentation. » J’attendais des réponses drôles et relevées. J’ai souvent vu des lettres pleines de méchanceté, de moqueries et d’humiliation.

Il est bien sûr évident que votre ouvrage permet de coucher sur le papier tout ce qu’on ne peut pas (ou qu’on n’ose pas!) dire à l’oral. Et cela aurait pu être drôle. Mais vraiment, Monsieur Coudray, répondriez-vous à une jeune fille qui demande du feu à votre voisin de plage, jeune et beau, plutôt qu’à vous, que « sa beauté (…) est enrégimentée dans la banalisation d’un maquillage outrancier (…) » et qu’une fois « débarrassée de (sa) pulsion, (elle verra) que le beau jeune homme n’était qu’un adipeux adolescent, incestueusement dépendant, qui (vous) a utilisé pour sa masturbation parce qu’il manquait d’imagination. »?

C’est ce qu’on appelle de la jalousie, de la médiocrité, de la méchanceté. Et vous savez comme moi que la méchanceté rend laid, médiocre et jaloux. Bref, un peu comme votre livre Monsieur.

Littérairement vôtre.

Lettres d’engueulade de Jean-Luc Coudray
Editions de l’Arbre Vengeur, 2011
9782916141770
185p., 13€

Un article de Clarice Darling.