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Archives de Catégorie: Beaux-Arts

parisUn conseil, si vous passez à Paris avant juin 2013 et que vous aimez la mode, allez voir l’exposition Paris Haute Couture. De préférence en matinée pour éviter la foule. Les pièces présentées sont originales, les explications claires et limpides, la scénographie est vraiment pas mal. Aussi, je suis repartie avec le catalogue de l’exposition sous le bras.

Du 19ème siècle et les prémices de la haute couture jusqu’aux années 2000, l’ouvrage nous explique de façon chronologique, la mode et son évolution. Les noms des plus grands couturiers sont là, de Paul Poiret à Yves Saint-Laurent en passant par Elsa Schiaparelli, le tout très richement illustré de photographies d’époque, de clichés des vêtements et des dessins des artistes. Les articles, bien qu’un peu ampoulés, sont compréhensibles et nous font évoluer dans un univers magique. Vous saurez tout sur la broderie des années 20, la naissance d’un parfum de Dior et la haute couture sous l’Occupation.

Un ouvrage à offrir ou à s’offrir, pour toute personne intéressée par l’histoire sous toutes ses coutures!

Paris Haute Couture sous la direction d’Olivier Saillard et Anne Zazzo. 
Editions Skira Flammarion 2013
9782081286054
280p., 39€90

Un article de Clarice Darling.

Bon, pas besoin d’en faire des tonnes, vous l’aurez compris, Pierre Garcette cherche à vous faire deviner des noms de peintres/sculpteurs célèbres en détournant des images. Comme le dit si bien Paul Fournel dans la préface, il faut bien mais alors bien observer les dessins. C’est farfelu, c’est souvent tiré par les cheveux et seuls les amateurs chevronnés pourront reconnaître Franz Winterhalter.

rébus d'art

L’idée est bonne, mais trop répétitive et on sent une forte admiration de Garcette pour Francis Bacon (pas moins de six rébus) A vous de voir si vous pourrez vous frotter à l’esprit tordu de Pierre Garcette!

Rébus d’Art de Pierre Garcette
Editions de la Martinière, 2012
9782732455945
138p., 12€

Un article de Clarice Darling.

Halte! C’est bientôt Noël et vous n’avez pas de cadeau? Vous ne savez pas quoi offrir à votre grand-mère/oncle/belle-soeur ou même pour vous? Les Cocottes est LE livre qu’il vous faut!

cocottesCatherine Guigon livre ici un ouvrage magnifiquement illustré, aux textes agréables et à la mise en page élégante, tout comme son sujet, les Cocottes de Paris. Mata-Hari pour la plus célèbre, mais également Liane de Pougy, Cléo de Mérode, Emilienne d’Alençon et autres jeunes filles réputées pour leur beauté autant que pour leurs qualités artistiques et leur gouaille inimitable. Sans parler de leur réputation de croqueuses d’hommes, voire de diamants!

Toutes ces femmes connaîtront une ascension fulgurante au détour du XXe siècle, avant de tomber  en désuétude au sortir de la Première Guerre Mondiale. Qui étaient-elles? Que sont-elles devenues? Quelles ont été leurs vies, si riches dans cette Belle Epoque puis plus rien, après 1914?

Témoins d’une époque révolue, ces Cocottes resplendissantes offrent dans ce livre une fois encore, l’éclat de leur jeunesse et la beauté de leur trait. Un ravissement!

Les Cocottes, reines du Paris 1900 de Catherine Guigon
Editions Parigramme, 2012
9782840967279
190p., 45€

Un article de Clarice Darling.

Un des premiers articles que j’avais fait pour ce blog portait déjà sur cette revue annuelle. Collection présente son troisième numéro. A chaque page, Collection me surprend. Les interviews sont toujours retranscrites de manière vivante, claire, les images sont de qualité. Si les personnes interviewées sont des dessinateurs, leur technique a parfois évolué (vers la poterie pour FLAG, par exemple). Le dessin est le prétexte à une rencontre avec un artiste, mais les intervieweurs et interviewés s’accordent des libertés et s’expriment sur des sujets autres que le dessin pur et dur. 

Collection permet aux néophytes comme moi de découvrir un univers dont j’ignore les mille richesses. Au fil des pages, on découvre des artistes, que l’on apprécie ou pas le travail, et en ce sens, Collection remplit haut la main sa mission de défricheurs de talents, d’initiateurs au dessin. J’ai adoré des artistes comme Thomas Mailaender et sa collaboration avec Dominique Théâte ou encore les dessins de Lord Jon Ray et les points de croix de Moolinex. 

Collection n°3 est toujours bilingue anglais-français et comporte de nombreuses reproductions. Sincèrement, Collection est une revue brillante sur un sujet parfois trop méconnu du grand public. 

Collection n°3
Editions En Marge, 2012
9782914697606
256p., 20€

Pour commander en ligne, rendez-vous sur le site de la revue, les frais de ports sont offerts : http://www.collectionrevue.com/

Un article de Clarice Darling.

"Je suis bien conscient qu’il y a un risque que j’ai ou que j’aurai peut-être le SIDA. La probabilité est très forte et en fait, j’en ai déjà les symptômes. (…) Je ne sais pas s’il me reste cinq mois ou cinq ans, mais je sais que mes jours sont comptés. C’est pour cela que mes activités et mes projets ont tant d’importance en ce moment. Il faut en faire autant que possible le plus vite possible. Je suis sûr que ce qui survivra après ma mort est assez important pour que je sacrifie aujourd’hui mes convenances personnelles et mon temps de loisir. Le travail est tout ce que j’ai et l’art est plus important que la vie."

Fans de Keith Haring, vous allez être gâtés. Ce Journal fut tenu par le peintre-graphiste du 29 Avril 1977 (peu avant ses 19 ans) au 22 septembre 1989 (cinq mois avant sa mort). Cependant, détrompez-vous. Il ne s’agit pas d’un journal intime. Il s’agit vraiment d’un journal artistique, où toutes ses toiles, fresques et autres dessins sont consignés. Ses voyages pour inaugurer telle ou telle exposition dans le monde, ses achats de pinceaux, ses visites dans les usines qui reproduisent ses oeuvres sur T-shirt, badges, etc…

J’ai été étonnée de la maturité de Keith Haring à 20 ans. Par moment, il s’agit véritablement d’un traité sur l’art, avec les aspects un peu ch***** que cela peut entraîner. Et puis à d’autres instants, on ressent l’artiste à nos côtés. Il est là, ce gamin de Pennsylvanie, qui, en l’espace de 15 ans, a réussi à faire éclore son oeuvre à la face du monde. Keith Haring, c’est un artiste inter-générationel, dont les couleurs et les traits transcendent les années. Dans son Journal, il discute avec Andy Warhol, drague des minets bellâtres, prend de la coke et râle contre la nuit, contre l’hiver, contre la maladie, qui l’empêchent de travailler.

Abondamment illustré, ce journal est un véritable traité sur l’art, la société de consommation et le besoin insatiable de peindre et dessiner. Art is life disait son ami Yves Arman. Un message que Keith Haring s’est borné à transmettre à travers son oeuvre.

Journal de Keith Haring
Editions Flammarion, 2012
9782081279421
422p., 26€

Un article de Clarice Darling.

Signé Bookfalo Kill

Je suis au regret de vous annoncer que le livre dont je vais vous parler aujourd’hui n’est pas disponible partout. Vous ne le trouverez ni chez votre libraire préféré, ni sur les sites commerciaux en ligne comme A****n. Pire : si vous le voulez – et je comprendrais que ce soit le cas -, il vous faudra venir à Paris. Et plus précisément, à la Cinémathèque.

L’Art de Tim Burton est en effet une rareté. D’abord parce que la version française de ce catalogue a été éditée spécialement pour la Cinémathèque, à l’occasion de l’exposition consacrée au réalisateur de Sleepy Hollow qui s’y tient actuellement. Il n’est donc en vente qu’à la librairie du musée, en exclusivité, et ne sera sans doute plus disponible lorsque l’exposition sera terminée.

Rareté, ensuite, parce que c’est un livre-somme sur l’art graphique de Tim Burton. Il compile 430 pages de dessins, réalisés de toutes les manières et dans toutes les conditions imaginables – et quand on parle de Burton, ce n’est justement pas l’imagination qui manque ! On y trouve des croquis gribouillés sur des serviettes en papier ou des petits carnets, des peintures, des vignettes humoristiques délirantes, des sculptures, mais aussi des dessins préparatoires à tous ses films : personnages, décors… Tout ce qui constitue la signature visuelle extrêmement forte et personnelle de l’un des réalisateurs les plus singuliers du cinéma mondial.

Ce millier (!) d’œuvres, fascinant bestiaire hantant l’imaginaire de l’épouvantail d’Hollywood, est entrecoupé de textes ou agrémenté d’encarts signés de quelques collaborateurs emblématiques de Tim Burton : sa compagne et actrice Helena Bonham Carter, Johnny Depp bien sûr, mais aussi Danny Elfman (compositeur), John August (scénariste), Alex McDowell (décorateur), les acteurs Danny DeVito (le Pingouin dans Batman : le Défi), Martin Landau (Bela Lugosi dans Ed Wood) ou Christopher Lee (Sleepy Hollow, Charlie et la Chocolaterie, Dark Shadows…)

Bref, si vous êtes fan de l’univers de Tim Burton, voilà un ouvrage indispensable, qui mérite bien une petite balade jusqu’à la Cinémathèque ! L’expo en elle-même permet d’admirer l’essentiel des œuvres regroupées dans ce livre, ainsi que des films de jeunesse, des courts métrages inédits, quelques costumes et accessoires des films, etc.
Elle dure jusqu’au 5 août, alors si vous le pouvez, profitez-en !

Informations pratiques ici : Exposition Tim Burton à la Cinémathèque française

L’Art de Tim Burton
Éditions Steeles Publishing, 2012
Disponible en exclusivité à la Cinémathèque Française
430 p., 49 €

Également disponible en version collector limitée :
livre présenté dans un coffret, dédicacé par Tim Burton, avec une lithographie originale et signée.
249€

Je ne me souviens plus comment j’ai découvert son oeuvre, mais j’avais adoré ses tampons faits-main, en petite quantité et qui sont des merveilles de cynisme, de moquerie et d’humour.


Vincent Sardon a un univers bien particulier, comme vous pouvez le découvrir sur son blog http://le-tampographe-sardon.blogspot.fr/ (dans la colonne de droite, vous trouverez les différents modèles de tampons, rangés par ordre de prix), un humour noir trempé d’encre et de pluie ainsi qu’une plume mordante et acide. Il réalise également des bons-points (avec, entre autre, la tête de Francis Heaulme dessus)

L’ouvrage Le tampographe Sardon regroupe ce que Vincent Sardon fait de mieux. Des tampons, des coups de gueule, des bons-points, des comptes-rendus de sa création artistique, quatre années durant.

Personnellement, je ris souvent, pas à tout, mais j’aime beaucoup ses affiches et tout particulièrement, sa collection de tampons éditeurs. (C’est tellement vrai!)

Le tampographe Sardon, c’est l’histoire d’un type, un brin décalé, qui nous fait part de sa vision de la société. Une sorte de catalogue d’expos des horreurs de la vie. Vincent Sardon n’est pas un "simple" artisan d’art, c’est un artiste à part entière, qui mène de front plusieurs vies. Voici un bouquin très riche, coloré, drôle (ou pas, c’est selon votre sensibilité). Bref, Vincent Sardon, on l’aime ou on le quitte.

Le tampographe Sardon, de Vincent Sardon
Édition l’Association, 2012
9782844144423
256p., 39€

Un article de Clarice Darling.

Voici un ouvrage drôle, réjouissant et qui se passe de mots. Sylvain Coissard et Alexis Lemoine réussissent le pari de faire sourire et rire, avec des grands classiques de la peinture occidentale dans leur ouvrage Les (vraies !) histoires de l’art. Vous en avez un aperçu sur la couverture. Pourquoi le Cri de Munch alors qu’il n’y a pas lieu de hurler? Pourquoi la Chambre de Van Gogh est-elle aussi bien rangée? Pourquoi Frédéric III de Montefeltre, duc d’Urbin est-il représenté de profil par Piero della Francesca? 

Toutes ces questions qui vous hantent ont désormais leurs réponses dans ce petit livre drôle, qui dépoussière les convenances du monde de l’art. Les illustrations sont exceptionnelles de qualité, Alexis Lemoine a passé des jours et des jours pour reproduire et créer ses petits bijoux graphiques et les scénarios de Sylvain Coissard brillent par leur inventivité. 

Un ouvrage qui peut s’offrir à tout moment, à tout âge, pour toute occasion.

Le journal Libération a lui aussi craqué sur l’ouvrage ici.

Les (vraies !) histoires de l’art de Sylvain Coissard et Alexis Lemoine
Editions Palette… 2012
9782358320856
47p., 12€80

Un article de Clarice Darling

Jusqu’à la fin mars se déroule au Pavillon Carré de Beaudoin une exposition hors-norme consacrée à Marcel Storr (1911-1976), dessinateur autodidacte et inconnu de son vivant. Françoise Cloarec, que l’on a déjà vu dans ce même registre avec Séraphine de Senlis, toujours aux éditions Phébus, réussit à faire revivre cet artiste simple et débordant d’imagination. 

Marcel Storr, de père inconnu, a été abandonné par sa mère à l’âge de trois ans. Ballotté de famille d’accueil en famille d’accueil, de santé fragile et souvent hospitalisé, le petit Marcel ne saura jamais lire ni à écrire. Une forte surdité lui est diagnostiquée, certainement due aux mauvais traitements reçus. A sa majorité, Marcel n’a qu’un rêve, travailler dans le métro parisien. Il sera finalement balayeur pour la mairie de Paris.

Son oeuvre commence alors qu’il a une vingtaine d’années. Il dessine, sans jamais avoir pris de cours, des édifices religieux absolument effarants. 

Crédit photographique, Liliane et Bertrand Kempf

Marcel dessine, il ne vit que pour cela. Il trouve à se marier, c’est sa femme, Marthe, qui présentera les oeuvres de son mari à Liliane et Bertrand Kempf, deux collectionneurs passionnés qui sauront préserver l’oeuvre de l’artiste. Marcel Storr dessine toujours plus, des églises puis des mégapoles, des tours, de très hautes tours. Il est persuadé que le Président Nixon viendra en personne lui demander les plans de ses constructions pour pouvoir reconstruire la France après une guerre nucléaire inéluctable.

Françoise Cloarec restitue la vie de Marcel Storr, en mélangeant histoire et fiction, une biographie romancée. Elle s’appuie sur de nombreux documents, a fouillé la vie de Monsieur Storr, lui qui ne s’est jamais vraiment connu lui-même. L’auteur, avec l’aide patente de Liliane et Bertrand Kempf, a réussit la belle prouesse, en partant de papiers administratifs, documents médicaux et de souvenirs vieux de quarante ans (en demandant à des voisins, à de la famille éloignée), de créer une biographie exemplaire, seul ouvrage de référence sur la vie de l’architecte de l’irréel. 

Marcel Storr n’a jamais voulu vendre de son vivant une seule de ses oeuvres. Aurait-il apprécié qu’un livre et plusieurs expositions lui soient consacrés? Là reste le mystère, celle d’un homme abandonné, qui aura passé sa vie à se reconstruire, à travers ses dessins. 

Storr, architecte de l’ailleurs de Françoise Cloarec
Editions Phébus, 2010
9782752904850
165p., 12€

Un article de Clarice Darling

Collection, revue de dessin contemporain, vient de sortir son deuxième opus.

Collection n°1

Collection n°2

Le premier numéro m’avait épaté par sa qualité, tant sur le fond que sur la forme. Le nouveau-né est le digne frère de son aîné.

Pas besoin d’être un crack du dessin ou un passionné de graphisme pour se pencher sur Collection. Et c’est justement là l’intérêt : présenter des dessinateurs connus (Killofer ou Rupert et Mulot) ou inconnus du grand public afin de sortir des carcans habituels du « bah le dessin contemporain, je ne comprends rien ».

Avec Collection, on dialogue avec les artistes pour comprendre leurs travaux, on s’ouvre vers un univers plus ou moins connu, par le biais d’entretiens. Pour appuyer les dires des auteurs-dessinateurs, de nombreuses reproductions d’œuvres des artistes interrogés parsèment la revue. Les artistes s’expriment sans tabous, les questions ne sont pas planifiées d’avance (les rédacteurs de Collection ne sont pas journalistes et on sent la spontanéité dans leurs interrogations), l’interview est fluide, amenant une cohérence et une compréhension autour de l’œuvre et de la personnalité du dessinateur.

Ce qu’il y a de bien chez Collection, c’est la diversité des techniques présentées. Collages, huile sur toile, stylo Bic, feutres, gouache… On découvre ainsi des artistes ou des œuvres étonnantes (Masist Gül notamment), hors des sentiers battus et des idées préconçues.

Le seul point « faible » de Collection réside peut-être dans sa ressemblance avec Roven, autre revue de qualité de dessin contemporain. Si elles ne sont pas similaires (hormis pour le prix et le bilinguisme total de la revue), on peut sentir une certaine filiation, que ce soit par les artistes présentés ou dans la forme des entretiens. Roven reste cependant une véritable revue au sens large du terme (avec un dossier sur un thème précis ; des présentations d’artistes ; des entretiens, des portfolio…), tandis que Collection se concentre vraiment sur les auteurs-dessinateurs, leurs oeuvres et l’entretien qui tourne autour d’eux.

La somme de travail accomplie par l’équipe bénévole de Collection limite la parution de cette revue à une publication par an, mais les auteurs (tous dessinateurs) sont régulièrement invités à des expositions, principalement à Paris, ainsi qu’en province ou à l’étranger.

Pour conclure, Collection est une revue exigeante écrite dans un jargon intelligible pour le commun des mortels. Elle ouvre à une forme artistique plus discrète, plus secrète. Gageons qu’elle puisse trouver sa place au sein des revues de dessins et devienne, chemin faisant, un des incontournables du milieu.

Revue Collection, publiée aux éditions En Marge,
diffusion/distribution Les Belles Lettres
revue annuelle
n°1 ISBN 9782914 697439 paru en mai 2010
n°2 ISBN 9782914 697507 paru en mai 2011
Revue entièrement bilingue anglais/français
18€

En savoir plus http://www.collectionrevue.com/

Un article de Clarice Darling

Les images de cet article sont extraites du site internet de la revue Collection

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